Juin 2009

Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - Juin 2009 Volume 39, Issue 5, Pages 353-418.

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Ce numéro de MMI dans EM-Consulte ou dans Science Direct
Revue générale
Infections à Bocavirus humain

C. Catalano-Pons, C. Vallet, P. Lebon, D. Gendrela

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Le bocavirus humain (HboV) a été récemment cloné lors d’un criblage systématique de prélèvements nasopharyngés d’enfants hospitalisés pour infections respiratoires. Ce virus, du genre bocavirus, de la famille des Parvoviridae, a été détecté par son ADN, lors de différentes études, dans environ 5 % des prélèvements nasopharyngés. Il serait responsable d’infections respiratoires hautes et basses chez les jeunes enfant de moins de cinq ans avec un pic hivernal. Son rôle pathogène dans ces infections reste encore à déterminer, compte tenu d’un taux élevé de co-infections virales. Des études supplémentaires permettront de préciser le rôle de ce virus, possiblement systémique, dans d’autres affections.

Recommandations
Practice guidelines for acute bacterial meningitidis (except newborn and nosocomial meningitis) Short Version
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FMC : Cas clinique mystère-Question
Placards cutanés infiltrés et multiples associés à des images pulmonaires caverneuses

N. El Fekih, B. Fazaa, N. Kerkeni, M. Sfia, F. Zeglaoui, R. Zermani, H. Bouacha, M.R. Kamoun

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Articles originaux
Tests de dépistage rapides du VIH dans des consultations de dépistage anonyme et gratuit aux Antilles

A. Cabié, F. Bissuel, S. Abel, P. Huc, L. Paturel, S. Pierre-François

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Objectif

Aux Antilles, le dépistage de l’infection VIH est souvent trop tardif et mérite d’être renforcé. Les tests de dépistage rapides (TDR) font partie des outils utilisables pour atteindre cet objectif. Nous avons évalué la faisabilité et l’acceptabilité d’un TDR en consultation de dépistage anonyme et gratuit.

Méthodes

Après avoir préalablement vérifié sa fiabilité en laboratoire sur plus de 20 000 prélèvements, un TDR (Determine HIV-1 + 2®) a été proposé sur place aux usagers des centres de dépistage de Fort-de-France et Saint-Martin en plus des tests habituels.

Résultats

Entre octobre 2007 et mai 2008, 373 TDR ont été réalisés, dont quatre furent confirmés positifs. Le résultat du TDR a pu être rendu à 99,4 % des personnes testées, contre seulement 89,4 % des personnes n’ayant eu qu’un test classique. Le taux de renoncement au résultat différé des tests classiques était plus élevé chez les personnes ayant eu aussi un TDR : 22,2 % versus 10,6 %.

Conclusions

Nos résultats montrent que les TDR apportent un bénéfice en matière de connaissance du résultat par la personne testée. Il faudra cependant insister auprès des usagers sur la nécessité de venir chercher les résultats des tests classiques afin de ne pas méconnaître une infection sexuellement transmissible associée ou une infection aiguë à VIH.

Évolution de la pratique du test diagnostic rapide (TDR) de l’angine streptococcique parmi les médecins généralistes, maîtres de stage de la faculté de médecine Paris Descartes : 2005–2007

C. Cornaglia, J. Robinet, H. Partouche

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La diffusion du test diagnostic rapide (TDR) de l’angine dans le cadre de la campagne de l’Assurance maladie sur le bon usage des antibiotiques devrait réduire les prescriptions injustifiées d’antibiotiques. Toutefois, une enquête préliminaire auprès des maîtres de stage (MdS) de la faculté Paris Descartes a retrouvé un faible taux d’utilisation du TDR.

Objectifs

Ce travail a pour objectif principal d’évaluer la tendance d’utilisation, entre 2005 et 2007, du TDR par les MdS. Les objectifs secondaires sont d’évaluer les freins à l’utilisation du TDR, l’évolution du taux de prescription d’antibiotiques et l’utilisation du score clinique de Mac Isaac en 2007.

Méthode

Enquête prospective de février à mai 2007. Les taux d’utilisation du TDR et d’antibiothérapie ont été comparés à ceux de 2005. Les critères d’inclusions des patients ayant une angine étaient similaires.

Résultats

Soixante-six MdS ont inclus 541 patients ayant une angine. L’utilisation du TDR était significativement en baisse (52,5 % versus 57,5 %). Les MdS n’ayant pas utilisé le TDR, le considéraient « inutile à la décision » dans 76,8 % des cas versus 59,2 % en 2005 (p < 0,001). Le score de Mac Isaac a été peu utilisé (28,3 %). Les prescriptions d’antibiotiques ont été globalement en hausse (41 % versus 35 %, p < 0,01) malgré une baisse significative de prescription de macrolides.

Conclusion

Les MdS de Paris Descartes ont moins utilisé le TDR en 2007 qu’en 2005. Bien que particulièrement formés, ils continuent de fonder leur décision sur l’aspect clinique de l’angine et ont peu recours aux outils diagnostiques validés.

Nosocomial diarrhea and Clostridium Difficile associated diarrhea in a Turkish University Hospital

E.K. Ergen, H. Akalın, E. Yılmaz, M. Sınırtaş, O. Alver, Y. Heper, C. Özakın, D. Bakker, B. Ener, R. Mıstık, S. Helvacı, E.J. Kuijper

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Background

Clostridium difficile (C. difficile) is a well-established cause of nosocomial diarrhea. The aim of our study was to define the incidence of nosocomial diarrhea in our hospital and to determine the role of C. difficile. Additionally, the risk factors for nosocomial diarrhea and Clostridium difficile associated diarrhea (CDAD) were investigated.

Methods

We included all patients, 18 years of age or more, who were admitted to the Uludag Teaching Hospital between October 1, 2004 and February 1, 2005, and developed diarrhea at least three days after hospital admission. A case-control study was performed.

Results

The total incidence of nosocomial diarrhea was 0.6 per 1,000 hospitalization-days and 5 per 1,000 patients’ admissions. Previous use of chemotherapy was found to be an important predisposing factor for nosocomial diarrhea. The incidence of CDAD was 0.26 per 1,000 hospitalization-days and 2.1 per 1,000 admissions, comparable with incidence rates in Europe.

CDAD was diagnosed in 43% of patients with nosocomial diarrhea. No severe cases of CDAD were diagnosed. A correlation was found between CDAD and antibiotic use before admission and during admission in univariate analysis. PCR ribotyping revealed four strains of PCR ribotype 002 and 1 strain of ribotype 012 out of 5 C. difficile strains available for extensive identification.

Conclusion

The incidence rates of nosocomial diarrhea and CDAD are not different than the usual incidence rates in Europe. C. difficile was the causative agent in 43% of patients with nosocomial diarrhea.

Référent en anti-infectieux
Prise en charge de 315 épisodes neutropéniques fébriles dans un centre anticancéreux

H. Dutronc, M. Billhot, M. Dupon, H. Eghbali, C. Donamaria, F.-A. Dauchy, J. Reiffers

La conduite à tenir en cas de neutropénie fébrile après une chimiothérapie anticancéreuse fait l’objet de recommandations validées. Chaque centre peut les adapter en fonction de sa propre écologie bactérienne.

Méthode

Grâce à une étude rétrospective de trois ans (2001–2003), 315 épisodes de neutropénie fébrile après une chimiothérapie (66 % pour tumeur solide et 31 % pour tumeur hématopoïétique) étaient analysés.

Résultats

La fièvre était constatée dès l’admission dans 270 cas. Pour 279 épisodes, aucune antibiothérapie n’avait été prescrite avant l’hospitalisation. En dehors d’une mucite, il existait un point d’appel clinique ou radiologique dans 46 % des cas. Vingt-huit pour cent des épisodes étaient associés à une bactériémie (42 % à Gram positif, 51 % à Gram négatif) et 14 % étaient documentés par des prélèvements locaux (58 % à Gram négatif). La durée de la fièvre était inférieure à sept jours dans 88 % des cas, la durée de la neutropénie inférieure à sept jours dans 80,8 % des cas. 79,7 % des patients avaient reçus l’un des trois protocoles recommandés par le centre (ceftriaxone + tobramycine ; ceftriaxone + ciprofloxacine ; ceftriaxone + ofloxacine) ; 13,3 % avaient reçu un autre schéma antibiotique ; 7 % n’avaient reçu aucun antibiotique. Parmi les patients ayant suivi les recommandations, 68,5 % ont obtenu un succès thérapeutique (résolution de la fièvre sans récidive et sans modification de l’antibiothérapie initiale).

Conclusion

Les bactéries à Gram −, à l’exception du pyocyanique, prédominaient. Une bi-antibiothérapie C3G + aminosides ou fluoroquinolones était efficace. Il n’était pas nécessaire de prescrire un glycopeptide en première intention.

Communications brèves
Endocardite infectieuse à Bartonella henselae précédée par la rupture d’un anévrisme cérébral

A. de La Blanchardière, P.-E. Fournier, E. Haustraete, D. du Cheyron, O. Lepage, R. Verdon

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Nous rapportons une endocardite aortique sur valve bicuspide révélée par une insuffisance cardiaque globale sans fièvre, chez un homme de 38 ans qui avait présenté des anévrismes cérébraux neuf mois auparavant. L’analyse par PCR de la valve excisée et la sérologie (lors du diagnostic et sur un sérum prélevé neuf mois plus tôt) reviendront positives pour Bartonella henselae. Il évoluera favorablement sous antibiothérapie associant doxycycline 200 mg/j par voie intraveineuse puis per os et gentamicine 90 mg/j par voie intraveineuse pendant six et deux semaines respectivement, avec un suivi de 12 mois après achèvement du traitement. À notre connaissance, seuls 49 cas d’endocardites infectieuses à B. henselae ont été publiés, le plus souvent sur bicuspidie aortique, sans anévrisme mycotique rapporté, mais avec des dégâts valvulaires sévères favorisés par le retard diagnostique.
 
Plesiomonas shigelloides pneumonia

F. Schneider, N. Lang, R. Reibke, H.J. Michaely, W. Hiddemann, H. Ostermann

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Plesiomonas shigelloides is known to cause mild to cholera-like diarrhea in most infected persons. In immunocompromised patients extra-intestinal manifestations have been described. We report the first case of pneumonia caused by P. shigelloides in a 76-year-old woman who had undergone a curative gastrectomy and esophageal-jejunostomy due to a low differentiated adenocarcinoma of the stomach (pT2, pN1 pMx, G3, R0, Lauren: intestinal type). The patient was admitted in hospital with clinical signs of pulmonary infection. CT-scan revealed a cavernous lesion in the right upper pulmonary lobe. Bronchial lavage showed a granulocytic inflammation 105 CFU/ml P. shigelloides. Although antibiotic treatment led to a decrease of inflammation parameters and decrease of the pulmonary infiltrate the patient died due to development of torsades de pointes tachycardia leading to ventricular fibrillation and hypoxic brain damage.
Cas cliniques
Toxoplasmose médullaire au cours de l’infection à VIH
Y. Pittner, J.-F. Dufour, G. David, A. Boibieux, D. Peyramond
Nous rapportons le cas d’une localisation atypique d’« abcès toxoplasmique » au niveau de la moelle épinière. Le patient âgé de 46 ans, séropositif pour le VIH-1 était pris en charge pour un tableau de rétention aiguë d’urine et troubles de la marche. L’imagerie par résonance magnétique faisait découvrir une lésion médullaire D12–L1 évocatrice d’une pathologie tumorale, inflammatoire ou infectieuse. Devant l’aspect radiologique et l’immunodépression, une thérapeutique dirigée contre Toxoplasma gondii était débutée. L’amélioration sous traitement confortait le diagnostic qui avait été renforcé par la positivité de la PCR toxoplasmose sur le LCR. Le diagnostic de certitude ne peut être apporté que par les données de l’autopsie ou de la biopsie chirurgicale, mais la PCR toxoplasmose sur le LCR paraît une alternative intéressante de confirmation au vu de sa spécificité. Selon la littérature, l’utilisation de la PCR en termes d’outil diagnostique est plus réservée compte tenu d’une sensibilité variable.
 

Microsporidiose et toxoplasmose disséminées chez une patiente présentant une leucémie prolymphocytaire T

D. Jamet, D. Quinio, E. Moalic, J.-C. Ianotto, F. Dalbies, G. Guillerm, V. Marion, C. Berthou, G. Nevez

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Nous rapportons un cas de microsporidiose chez une patiente présentant une leucémie prolymphocytaire et une pancytopénie induite par le traitement immunosuppresseur. Sept mois après le diagnostic initial, la patiente présentait un état général altéré ainsi qu’une dysurie. Les examens cytobactériologiques des urines étaient négatifs. La symptomatologie urinaire a persisté malgré le traitement antibiotique. L’examen parasitologique des urines et des selles par coloration au trichrome de Weber et fluorescence Uvitex® 2B a mis en évidence des microsporidies. La patiente a été traitée par albendazole. Le tropisme urinaire et digestif de la microsporidie et l’efficacité du traitement ont fait évoquer Encephalitozoon sp. Dans le même temps, une toxoplasmose disséminée a été diagnostiquée. La patiente a été traitée par sulfadiazine pyriméthamine. Nous avons retrouvé dans la littérature quatre cas de microsporidioses chez des patients atteints de leucémie myéloïde. À notre connaissance, nous rapportons le premier cas d’une microsporidiose chez une patiente atteinte de leucémie lymphoïde.
FMC : Cas clinique mystère-Réponse
Le lupus tuberculeux
N. El Fekih, B. Fazaa, N. Kerkeni, M. Sfia, F. Zeglaoui, R. Zermani, H. Bouacha, M.R. Kamoun
La tuberculose cutanée se caractérise par la multiplicité des formes anatomocliniques. Elle représente 2 % des localisations extrapulmonaires de la tuberculose. Nous rapportons une observation de tuberculose cutanée particulière par une discordance des aspects anatomoclinique.

Cas clinique

Nous rapportons le cas d’une patiente de 29 ans, présentant de multiples lésions dont l’aspect clinique évoquait un lupus tuberculeux. L’histologie reproduisait l’aspect d’une tuberculose caséeuse. Le bilan radiologique découvrait des lésions de tuberculose pulmonaire. L’intradermoréaction à la tuberculine était positive. La recherche de bacille de Koch était négative sur les prélèvements cutanés et dans les crachats. Les lésions cutanées et pulmonaires ont évolué favorablement sous quadruple antituberculeux.

Commentaire

Notre patiente illustre les difficultés du diagnostic et de la classification de certaines formes de tuberculose cutanée. La multiplicité des lésions et leur siège, la présence d’une nécrose caséeuse à l’histologie, l’association à une tuberculose pulmonaire évolutive ne sont, en effet, pas habituels au cours du lupus tuberculeux.

Lettre à la rédaction
Pseudomonas aeruginosa producteurs de métallo-β-lactamases en Algérie

N. Aggoune-Khinache, D. Bensersa, F.Z. Henniche, M. Daoudi, M.A. Abdouni, A. Chabani, D. Tiouit, M. Naim

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Prurigo chez le patient infecté par le VIH : le traitement antirétroviral peut-il l’éradiquer ?

I. Ouattara, S.P. Eholié, E. Aoussi, E. Bissagnéne, F. Raffi

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