Janvier 2010

Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - Janvier 2010 Volume 40, Issue 1, Pages 1-53.

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Ce numéro de MMI dans EM-Consulte ou dans Science Direct

Revue générale
Encéphalites avec anticorps anti-récepteur NMDA
T. de Broucker, L. Martinez-Almoyna
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Les encéphalites associées aux anticorps anti-récepteurs NMDA sont de description récente dans le champ des encéphalites paranéoplasiques et auto-immunes. Leur fréquence sous-estimée, leur présentation clinique stéréotypée, leur gravité et l’existence de traitements efficaces imposent une veille diagnostique tant en milieu neurologique que psychiatrique, qu’infectieux ou réanimatoire voire pédiatrique. La genèse de la découverte de ces encéphalites, les données épidémiologiques disponibles, la description clinique et paraclinique, les éléments du diagnostic, positif et différentiel, et les suggestions thérapeutiques sont revues au travers d’une revue de la littérature disponible.

Articles originaux
Multifocal skeletal tuberculosis: Experience in diagnosis and treatment
Liang Hong, Jin-Guo Wu, Ji-Guang Ding, Xiao-Yang Wang, Ming-Hua Zheng, Rong-Quan Fu, Wen-Bing Li, Wen-Xian Peng, Wen-fei He, Qing-Feng Sun
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Objectifs

La tuberculose osseuse multifocale (TOMF) est une forme de tuberculose osseuse. Afin de donner plus d’informations cliniquement significatives sur le diagnostic et la prise en charge de la TOMF, nous présentons un cas de TOMF avec des lésions tuberculeuses multiples, dans plusieurs sites, ainsi qu’une revue de 13 cas de TOMF à partir de différentes études.

Patients et méthodes

Une spondylarthrite ankylosante avec arthrite déformante était diagnostiquée chez un patient de 29 ans avec des antécédents de lombalgies depuis un an. Il était traité par corticostéroides et leflunomide per os pendant 24 semaines. La lombalgie était aggravée par une perte de poids et de la fièvre un mois avant son hospitalisation. La clinique, une tomographie et scintigraphie osseuse au MDP-Tc99m et un frottis de moelle osseuse permettaient d’établir le diagnostic de TOMF, avec 26 lésions tuberculeuses réparties sur 19 localisations.

Résultats

Un traitement efficace était réalisé avec des antituberculeux et des thérapies immunostimulante et régénératrice.

Conclusions

Ce cas montre que la TOMF peut se déveloper chez les patients sous immunosuppresseurs au long cours. Par ailleurs, notre expérience, ajoutée aux cas rapports précédemment, suggère qu’en dehors d’une endémie tuberculeuse importante le diagnostic précoce de TOMF est difficile. Une chimiothérapie, associée à des thérapies immunostimulante et régénératrice est un traitement efficace pour la TOMF.


La tuberculose à la Réunion : caractéristiques épidémiologiques issues des déclarations obligatoires, 2000–2007
N. Baroux, E. D’Ortenzio

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La Réunion est proche de pays ayant une forte incidence de la tuberculose : Madagascar (246/100 000 en 2006), les Comores (44/100 000 en 2006) et Mayotte (22/100 000 en 2004). Peu de données sont disponibles sur l’épidémiologie de la tuberculose à la Réunion.

Objectif

Décrire les caractéristiques épidémiologiques des tuberculoses maladies (TM) déclarées entre 2000 et 2007, et des infections tuberculeuses latentes (ITL) de l’enfant moins de 15 ans déclarées entre 2003 et 2007.

Résultats

Les données présentées proviennent des déclarations obligatoires, du centre national de référence des mycobactéries et de la résistance des mycobactéries aux antituberculeux et du CepiDC-Inserm. Quatre cent quatre-vingt-quinze cas ont été déclarés, soit une incidence moyenne de 8/100 000 habitants, et quatre cas d’ITL. Pour les TM, l’incidence était de 2,4 chez les 0–14 ans, 6,0 chez les 15–39 ans et 15,9 chez les plus de 40 ans. Parmi les cas de TM, 82 % étaient des formes pulmonaires, dont 90 % étaient confirmées. Entre 2000 et 2006, sur 423 souches analysées, huit s’étaient révélées multirésistantes (2 %). Le taux de mortalité moyen entre 2000 et 2006 était de 1,2/100 000. Les données de déclaration de TM à la Réunion indiquent une faible incidence qui peut être en partie expliquée par une faible incidence de l’infection à VIH (3,2/100 000 pour 2003–2005), par un bon niveau de vie et d’hygiène et par un bon accès aux soins.

Conclusion

Du fait des flux migratoires avec les îles voisines à fortes incidences, la surveillance épidémiologique doit continuer et se renforcer afin de mettre en place les mesures de dépistage nécessaires autour des cas déclarés.


Syndrome d’activation macrophagique et infection à virus d’Epstein-Barr chez l’enfant
S. Darteyre, C. Ludwig, E. Jeziorski, J.-F. Schved, M. Rodière
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Objectifs

Rapporter les cas pédiatriques de syndromes d’activation macrophagique secondaires à une infection par le virus EBV observés entre janvier 1999 et décembre 2007, comparer leurs caractéristiques aux données de la littérature, et en dégager une stratégie pragmatique de prise en charge.

Patients et méthodes

Pour chaque patient étaient notés l’âge au diagnostic, la présence d’une histoire familiale évocatrice, l’analyse des critères diagnostiques de Henter révisés en 2004, les résultats des sérologies et/ou PCR EBV, les résultats des études génétiques réalisées, le traitement et l’évolution à court et long terme.

Résultats

Quatre patients âgés de 11 mois à sept ans ont été hospitalisés pour un tableau de mononucléose infectieuse sévère avec fièvre prolongée, hépato et/ou splénomégalie et stigmates biologiques d’activation macrophagique. Tous ont été initialement traités par corticothérapie. L’évolution a été sévère pour les deux plus jeunes, avec décès dans un tableau d’insuffisance hépatocellulaire aiguë dans un cas, et atteinte neurologique sévère dans le deuxième. Les deux plus âgés ont bien répondu à la corticothérapie seule et sont guéris. Ils n’ont pas présenté de rechute à distance.

Conclusion

Le syndrome d’activation macrophagique représente la complication la plus sévère de la mononucléose infectieuse. Une anomalie primitive de la réponse cytotoxique doit être de principe recherchée, en particulier chez l’enfant de moins de deux ans. Le traitement n’est pas consensuel, mais plusieurs études s’accordent à montrer l’intérêt d’un traitement immunosuppresseur contenant de l’étoposide.


Évolution de la couverture vaccinale de l’année scolaire 2003–2004 à 2007–2008 pour les enfants de cinq à six ans à Genève
E. Jeannot, C.-A. Wyler Lazarevic, O. Duperrex, P. Chastonay
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Objectifs

Cette étude a pour but d’examiner l’évolution de la couverture vaccinale pour la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole, les oreillons, la rubéole (ROR) et l’Haemophilus influenzae type b (Hib) de l’année scolaire 2003–2004 à 2007–2008 pour les élèves de deuxième enfantine (enfants âgés de cinq à six ans).

Patients et méthodes

Les données ont été collectées sur la base des carnets de vaccination de 17 184 enfants scolarisés dans les établissements publics du canton de Genève.

Résultats

La couverture vaccinale moyenne sur l’ensemble de la période étudiée est de 93,4 % pour la diphtérie, 93,5 % pour le tétanos, 92,5 % pour la coqueluche et 92,4 % pour la poliomyélite. En ce qui concerne la rougeole, le ROR et l’Hib, ces taux se situent à respectivement 80,6 ; 78,4 ; 79,1 et 81,2 %. De 2003 à 2007, on note une augmentation des taux de couverture pour tous les vaccins. Elle est particulièrement marquée pour le ROR et l’Hib qui restent toutefois à des taux inférieurs à 90 %.

Conclusions

Dans le canton de Genève, la surveillance épidémiologique de la couverture vaccinale des enfants de cinq à six ans peut être réalisée par la récolte systématique des données dans les carnets de vaccination. Tous les vaccins couramment utilisés en Suisse atteignent les taux de couverture recommandés, sauf le ROR et le Hib, pour lesquels on observe toutefois une progression significative.


Référent en anti-infectieux
Évaluation sur 2006 et 2007 de la politique de bon usage des antibiotiques dans les établissements de santé de la région Poitou-Charentes
G. Esposito, O. Castel
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Méthode

En 2007, une enquête sous forme d’un questionnaire recouvrant l’ensemble des items de la circulaire DGS a été adressée aux établissements de santé de la région pour dresser un état des lieux de la maîtrise de l’usage des médicaments anti-infectieux.

Résultats

La comparaison avec les déclarations 2006 des activités des comités de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), concernant les mesures prises en compte dans l’indicateur ICATB, montrait une généralisation de la mise en place d’instances de surveillance et de protocoles d’antibiothérapie de première intention et d’antibioprophylaxie chirurgicale (88 % des établissements toutes catégories confondues). L’évaluation du suivi des protocoles et l’évaluation des pratiques professionnelles restaient cependant à développer. La formation à l’antibiothérapie était balbutiante, du fait d’un déficit en médecins référents (50 % des établissements de santé), ce qui se traduisait par une réévaluation à 48 ou 72 heures des traitements insuffisantes (58 % des établissements). En revanche, la prescription nominative était répandue (90 % des établissements). La sécurisation du circuit du médicament avec la prescription connectée, le dossier patient informatisé, le partage des données avec les autres services (laboratoire de microbiologie, pharmacie…) se heurtaient à la difficulté d’intégration dans les systèmes d’information des établissements de santé. Les indicateurs pharmacoéconomiques de suivi de consommation des antibiotiques étaient peu communiqués aux services consommateurs. Les moyennes des établissements obtenues pour l’indicateur ICATB 2006 se situaient dans une fourchette comprise entre 6 et 8/20.

Commentaires

Des progrès restent à accomplir concernant la formation et l’évaluation des pratiques professionnelles. L’informatisation du circuit du médicament devrait améliorer l’interdisciplinarité.


Communication brève
Variabilité pharmacocinétique intra-individuelle et traitement antibiotique prolongé
L. Bourguignon, S. Goutelle, J. Burdin de Saint Martin, A. Guillermet, P. Bouniot, P. Maire, M. Ducher
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Objectif

Étudier la variabilité intra-individuelle en termes pharmacocinétique, à travers le cas illustratif d’un traitement prolongé par amikacine.

Patient et méthode

Une patiente de 92 ans, pesant 44 kg, insuffisante rénale, est traitée par amikacine durant 52 jours. Ses paramètres pharmacocinétiques individuels ont été estimés à 12 reprises durant le traitement. La variabilité intra-individuelle des principaux paramètres a été quantifiée et comparée à la variabilité interindividuelle retrouvée dans la littérature.

Résultats

Pour le volume et pour la clairance, la variabilité intra-individuelle représente environ un quart à un tiers de la valeur atteinte par la variabilité interindividuelle. Celle de la demi-vie est pratiquement équivalente à la variabilité interindividuelle : 24,5 % versus 32 %.

Conclusions

Cette forte variabilité pharmacocinétique a des conséquences cliniques potentielles importantes. Pour garantir l’efficacité d’un traitement, il est nécessaire réévaluer périodiquement la situation des patients pour tenir compte de la variabilité intra-individuelle des paramètres pharmacocinétiques.


Cas clinique
Maladie de Rendu-Osler et abcès hépatique
E. Bui, A. Gorse, V. Prelipcean, F. Lionetto, E. Forestier, G. Camuset, Y. Hansmann, D. Christmann
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Nous rapportons l’observation d’un patient de 27 ans atteint d’une maladie de Rendu-Osler, diagnostiquée à l’occasion d’un épisode d’abcès hépatique. L’association entre infection et maladie de Rendu-Osler semble favorisée par les malformations artérioveineuses, mais peut-être aussi par des anomalies fonctionnelles des polynucléaires neutrophiles et monocytes. Le diagnostic doit être systématiquement évoqué devant toute infection du sujet jeune. La prévention de ces infections repose sur l’éradication des foyers infectieux, l’antibioprophylaxie et l’embolisation des fistules artérioveineuses.
Un érysipèle révélant une infection à Dermatobia hominis
A. Elsendoorn, C. Landron, V. Goudet, G. Pénin, F. Roblot
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Les myiases sont des infections parasitaires par des larves de mouches. Le développement des voyages intercontinentaux accroît la fréquence des myiases tropicales d’importation chez les voyageurs. Nous rapportons le cas d’une patiente, ayant récemment séjourné au Pérou, présentant un placard inflammatoire de l’épaule droite, recouvert de petites papules ponctuées d’un orifice. L’aspect initial évoquait un érysipèle. Devant la résistance au traitement antibiotique, le diagnostic de myiase a été évoqué. L’application locale de vaseline a permis la sortie de neuf larves de Dermatobia hominis et une guérison rapide. Chez l’homme, le nombre de larves infectant habituellement un même individu varie de un à quatre. Cette observation est originale par le nombre de larves impliquées, qui explique l’intensité et l’étendue des signes inflammatoires locaux qui présentaient initialement l’aspect d’un érysipèle. Il faut savoir évoquer ce diagnostic, dont le traitement est simple et rapide, chez un patient de retour de zone d’endémie.
Premiers cas de transmission secondaire en France du nouveau virus grippal d’origine porcine A(H1N1)v
A.-C. Jeannot, M. Hamoudi, N. Bourayou, C. Tabuteau, C. Garandeau, J.-M. Trapateau, M. Bouscambert, B. Lina, H.-J. Fleury
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Un nouveau virus A(H1N1) d’origine porcine, A(H1N1)v, a été isolé en avril 2009 aux États-Unis. À l’heure actuelle (12 juin 2009), plus de 29 000 cas d’infection par ce virus ont été décrits dans le monde, dont 73 en France. Nous présentons ici les premiers cas de transmission secondaire en France. Les trois patients présentaient des tableaux cliniques « classiques » dont la fièvre, la toux et le mal de gorge. La période d’incubation serait de deux à quatre jours ; rappelons que les premières données internationales font état d’une incubation allant de un à sept jours. L’établissement et la pérennisation d’un foyer épidémique impliquent des transmissions secondaires.
Lettre à la rédaction
Endocardite infectieuse à Kytococcus schroeteri
R. Poyet, C. Martinaud, F. Pons, P. Brisou, R. Carlioz
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