Juillet 2010

Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - Juillet 2010 Volume 40, Issue 7, Pages 371-428.

Ce numéro de MMI dans EM-Consulte ou dans Science Direct
Revue générale
De la maladie de Whipple aux infections à Tropheryma whipplei
 J.-C. Lagier, F. Fenollar, D. Raoult
Article EM-consulte - article Science Direct
La première culture de Tropheryma whipplei obtenue il y a dix ans, a permis la caractérisation de la bactérie et le développement de nombreux outils diagnostiques. Les analyses phylogénétiques ont permis de la classer parmi les bacilles à Gram positif dans la famille des Actinomycetes, proche d’autres bactéries ubiquitaires de l’environnement. Plus d’un siècle après la première description de la maladie de Whipple, on sait désormais que T. whipplei peut être responsable d’un large spectre d’entités cliniques, qu’il existe une prévalence variable en fonction des régions ou des populations et qu’il existe des porteurs asymptomatiques de la bactérie. La maladie de Whipple classique est responsable principalement d’arthralgies et de diarrhée mais T. whipplei peut atteindre tous les organes. Les principales infections isolées sont représentées par des endocardites, des atteintes neurologiques ou des uvéites. Outre l’analyse histologique qui était autrefois le seul outil permettant de faire le diagnostic, le développement des techniques de biologie moléculaire aide désormais le clinicien à porter ce diagnostic souvent difficile. Enfin, les observations cliniques de patients rechutant de leur maladie et de nombreux travaux in vitro concernant la sensibilité de T. whipplei aux antibiotiques ont permis une approche thérapeutique rationnelle.
R207910 (TMC207) : un nouvel antibiotique pour le traitement de la tuberculose
N. Lounis, J. Guillemont, N. Veziris, A. Koul, V. Jarlier, K. Andries
Article EM-consulte - article Science Direct
Une nouvelle classe de composés antituberculeux appelés « diarylquinolines ou DARQ » a été découverte. L’optimisation de cette nouvelle famille d’antibiotiques a permis de sélectionner le composé R207910 (TMC207) comme étant le représentant le plus actif de cette classe. Le R207910 est capable d’inhiber la croissance de Mycobacterium tuberculosis in vitro, chez l’animal et chez les patients atteints de tuberculose. Il a la particularité d’agir selon un nouveau mécanisme d’action dont la cible est l’ATP synthase, enzyme responsable de la synthèse d’ATP. Ce composé possède in vitro une activité puissante contre les souches de M. tuberculosis sensibles et multirésistantes aux antituberculeux ainsi qu’une activité importante contre les bacilles dormants. Chez la souris, le R207910 est plus actif que l’isoniazide et la rifampicine, et aussi actif que la triple association rifampicine + isoniazide + pyrazinamide. Ajouté à cette triple association ou aux doubles associations contenant le pyrazinamide, un traitement de deux mois est suffisant pour rendre les cultures des poumons négatives. Pour le traitement de la tuberculose à bacilles multirésistants ne contenant pas d’isoniazide et de rifampicine, un traitement de deux mois avec le R207910 combiné aux antituberculeux de seconde ligne est suffisant pour rendre les cultures des poumons négatives. Chez les malades atteints d’une tuberculose multirésistante, un traitement de deux mois avec le R207910, combiné aux antituberculeux de seconde ligne, a conduit à une stérilisation des cultures de crachats chez 47,6 % des malades comparés à 8,7 % des malades ayant reçu seulement les antituberculeux de seconde ligne associés au placebo du R207910.
Cas clinique Mystère-Question
Une pneumopathie « communautaire » pas si commune que ça !
E. Ciobanu, L. Federici, E. Andrès
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Articles originaux
L’hôpital de jour du CHU de Bobo Dioulasso : une structure de référence pour la prise en charge des patients infectés par le VIH au Burkina Faso
C. Fontaine, A. Hema, E. Kamboule, J.-B. Guiard-Schmid, F.-X. Lescure, L. Slama, G. Pialoux, A. Sawadogo
Article EM-consulte - article Science Direct

Objectifs

Évaluer l’activité d’une structure de prise en charge pluridisciplinaire de patients infectés par le VIH (PvVIH) en Afrique sub-saharienne.

Patients et méthodes

Étude observationnelle rétrospective de l’activité de l’Hôpital de jour (HDJ) de Bobo Dioulasso grâce au logiciel ESOPE® (Épiconcept, France).

Résultats

En 2002, 147 patients étaient suivis au centre hospitalo-universitaire (CHU) de Bobo Dioulasso dont 27 (18,5 %) traités par antirétroviraux (ARV). Entre 2005, année d’ouverture de l’HDJ et 2007, la file active a augmenté de 20 %. Le taux de patients sous ARV est passé pendant la même période de 47 à 70 %, avec un taux d’exonération de frais pour le traitement ARV augmentant de 6 à 53 %. Le nombre total de patients décédés entre 2002 et 2007 était de 386 patients. Le nombre de patients perdus de vue entre 2002 et 2007 était de 1450.

Conclusion

Deux ans après son ouverture, l’HDJ du CHU de Bobo Dioulasso prend en charge l’une des plus grandes files actives de PvVIH d’Afrique sub-saharienne devenant ainsi une structure de référence nationale dans ce domaine. L’analyse de cette file active permet de distinguer les questions que pose en 2009 la prise ne charge des patients infectés par le VIH.


Surveillance épidémiologique de la rage humaine dans un contexte d’endémie de rage canine en Cote d’Ivoire
I. Tiembré, S. Dagnan, A. Douba, E.V. Adjogoua, H. Bourhy, L. Dacheux, L. Kouassi, M. Dosso, P. Odehouri-Koudou
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Objectif

L’objectif général de ce travail était d’analyser les résultats de la surveillance épidémiologique de la rage humaine au centre antirabique (CAR) d’Abidjan.

Patient

Une étude transversale a été menée à partir des dossiers des patients ayant consulté au CAR après exposition et suspicion de rage humaine de janvier 2001 à fin juin 2009.

Résultat

Vingt-six cas de rage humaine ont été recensés sur 10 706 136 d’habitants, soit une incidence annuelle de 0,028 cas pour 100 000. Le nombre de cas détectés a considérablement augmenté après le renforcement de la surveillance de la maladie. La plupart des cas étaient survenue en milieu urbain et concernaient les deux sexes. La tranche d’âge la plus touchée était celle de moins de 31 ans. La profession des victimes était dominée par les scolaires et les ménagères. Dans la totalité des cas, l’animal en cause était le chien et le type d’exposition, la morsure. Cinquante-six pour cent des victimes n’avaient bénéficié d’aucun traitement local et la quasi-totalité d’aucune prophylaxie postexposition. Le délai médian entre l’exposition et l’apparition des premiers symptômes étaient de 49,5 jours. Celui entre le début des premiers signes et le décès était de quatre jours. La confirmation virologique a été réalisée chez quatre patients (12 %).

Conclusion

Malgré l’augmentation des cas observés à partir de 2006, dû au renforcement de la surveillance de la maladie, des progrès restent encore à faire pour évaluer la réelle incidence de la rage en Cote d’Ivoire.


Surveillance épidémiologique de la grippe A(H1N1) 2009 dans les armées françaises : adaptation des systèmes de surveillance au contexte pandémique
A. Mayet, V. Pommier de Santi, G. Manet, P. Nivoix, C. Ligier, N. Faure, R. Haus-Cheymol, M. Piarroux, A. Dia, S. Duron, M. Tanti, F. De Laval, K. Camara, B. Queyriaux, E. Nicand, C. Decam, H. Chaudet, J.-B. Meynard, X. Deparis, R. Migliani
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Objectifs

Une épidémie de grippe à virus variant a été détectée au Mexique en avril 2009 et s’est propagée au reste du monde en neuf semaines. Les armées françaises ont dû adapter leurs outils de surveillance au contexte pandémique. Notre objectif était de donner les premiers résultats de cette surveillance.

Sujets et méthodes

Deux systèmes pérennes de surveillance de la grippe existent dans les armées, dont un saisonnier : le système militaire d’observation de la grippe (SMOG). La menace pandémique a conduit à réactiver ce dernier de façon précoce, puis à mettre en place un système de surveillance quotidienne.

Résultats

En métropole, la hausse d’incidence des infections respiratoires a été observée dès septembre, avec un pic correspondant à la première vague épidémique fin novembre (401 cas pour 100 000 selon le SMOG). Le taux d’incidence des consultations attribuables à la grippe A(H1N1) 2009 dans les armées entre septembre et décembre était estimé à 49–69 cas pour 100 000. Pour les unités stationnées hors-métropole, les données faisaient état d’un pic d’incidence (400 cas pour 100 000) à la mi-août.

Conclusions

Les tendances mesurées par les réseaux militaires en métropole sont identiques à celles observées à l’échelon national. Pour les unités stationnées outre-mer, le pic observé en août correspond à l’épidémie dans l’hémisphère Sud. L’estimation du taux d’incidence des consultations attribuables à la grippe pandémique dans les armées lors du pic épidémique apparaît bien inférieure à l’estimation à l’échelon national, conséquence de la structure d’âge particulière de la population militaire.

Référents en anti-infectieux
Évaluation des pratiques professionnelles, tableau de bord et bon usage de l’antibiothérapie au cours des pneumonies aiguës communautaires
P.-M. Roger, F. De Salvador, M.-H. Schiano, E. Cua, S. Rancurel, R. Farhad, C. Pulcini, E. Bernard
Article EM-consulte - article Science Direct
L’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) comporte trois phases : la mise en évidence de dysfonctionnements dans les pratiques médicales, des mesures correctives puis l’évaluation des ajustements induits. Notre objectif est de montrer qu’un tableau de bord (TB) est un outil pertinent pour réaliser une EPP.

Patients et méthode

Notre TB enregistre chaque hospitalisation, incluant 24 paramètres dont le diagnostic et l’antibiothérapie. Utilisant le TB, la première phase d’EPP a révélé une hétérogénéité non justifiée des modalités thérapeutiques des pneumonies aiguës communautaires (PAC). La deuxième phase a consisté en l’écriture de notre protocole thérapeutique, visant à réduire les fluoroquinolones (FQ) et les céphalosporines de troisième génération (C3G). Nous rapportons ici la troisième phase d’EPP, utilisant le TB pour évaluer l’application du protocole.

Résultats

Les PAC représentaient 250 hospitalisations avant le protocole (octobre à janvier 2005, 2006 et 2007) et 113 après (octobre 2008 au 30 mars 2009). La conformité avec le protocole était augmentée de la première à la seconde période : 58 % versus 69 %, p = 0,045. L’utilisation inadéquate des FQ et/ou des C3G était plus fréquente durant la première période, comparativement à la seconde : 49 % versus 38 %, p = 0,048. La durée d’hospitalisation était plus longue avant (9 ± 5 jours) qu’après l’application du protocole (7 ± 4 jours), p = 0,009. Une évolution défavorable était observée dans respectivement 15/250 (6 %) et 3/113 cas (< 1 %).

Conclusion

Un TB permet l’exécution rapide de deux des trois phases de l’EPP et participe à l’appropriation du protocole, la réduction des FQ et des C3G étant sans impact sur la morbi-mortalité.


Cas clinique
Ascite riche en protides survenant deux mois après un accouchement par césarienne : diagnostic par association du dosage de l’adénosine-désaminase et de l’imagerie
H. Kassem, T. El Gharbi, E. Dresco, I. Leroux, A. Hervouet, L. Turner
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Nous rapportons le cas d’une femme de 38 ans, originaire du Congo, en France depuis sept ans, chez qui est apparue une ascite, deux mois après un accouchement par césarienne. Pendant sa grossesse, une corticothérapie avait été instaurée par son obstétricien devant une thrombopénie à 95 000 éléments par millimètre cube. L’ascite était riche en protides (55,7 g/l), contenait 2000 éléments dont 80 % de lymphocytes et le taux d’adénosine-désaminase était très élevé. L’examen tomodensitométrique thoracoabdominal montrait une ascite importante, une rate multinodulaire, une prise de contraste du péritoine sans anomalie hépatique, ganglionnaire ou pulmonaire. Nous n’avons pas envisagé de laparoscopie et le diagnostic suspecté de tuberculose péritonéale était confirmé au 30e jour par une seule culture positive à Mycobacterium tuberculosis.
Cas clinique mystère-Réponse
Une pneumopathie « communautaire » pas si commune que ça !
E. Ciobanu, L. Federici, E. Andrès
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L’actinomycose pulmonaire est une infection rare dont la présentation clinique évoque habituellement une tuberculose ou une néoplasie pulmonaire. Nous rapportons, chez un homme de 50 ans, une observation particulière par sa présentation clinique initiale mimant celle d’une pneumopathie aiguë communautaire mais dont l’évolution atypique a permis le diagnostic final d’actinomycose.
Lettres à la rédaction
Fièvre typhoïde et syndrome d’activation macrophagique chez un enfant comorien
C. Runel-Belliard, L. Henoch, M. Oger, J. Santiago, J.-C. Hebert
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Varicelle endobronchique
C. Aichaouia, D. Abada, Z. Moatamri, A.B. Hadaoui, S. M’hamdi, M. Khadraoui, R. Cheikh
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