MMI décembre 2009

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Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - Decembre 2009 Volume 39, Issue 12, Pages 871-919.

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Revue générale
Le doripénème : quelle place pour un nouveau carbapénème ? B.-P. Guery
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 Le doripénème est un nouveau membre de la famille des carbapénèmes. Son spectre est un peu plus large que le méropénème avec une activité sur certaines souches de Pseudomonas aeruginosa résistantes aux autres carbapénèmes et sur Burkholderia cepacia. Le doripénème a été évalué cliniquement dans trois indications : les pneumonies nosocomiales, incluant celles acquises sous ventilation mécaniques, les infections intra-abdominales compliquées et les infections urinaires compliquées. Dans la pneumonie nosocomiale, le doripénème a montré une efficacité en particulier dans le sous-groupe de patients infectés par P. aeruginosa. Ces données et le contexte global d’augmentation de la multirésistance pourraient ainsi permettre de trouver une place privilégiée de ce nouveau carbapénème dans l’arsenal thérapeutique hospitalier.

Articles originaux
Épidémiologie des candidémies : étude observationnelle prospective d’un an dans l’Ouest de la France J.-P. Talarmin, D. Boutoille, P. Tattevin, S. Dargère, P. Weinbreck, S. Ansart, J.-M. Chennebault, P. Hutin, S. Léautez-Nainville, F. Gay-Andrieu, F. Raffi
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Objectifs

Une étude observationnelle prospective d’un an a été conduite dans l’Ouest de la France, afin d’évaluer l’épidémiologie des candidémies.

Méthode

Durant l’année 2004, tous les patients présentant au moins une hémoculture positive à Candida sp. ont été inclus. Pour chaque épisode de candidémie, les données mycologiques, démographiques, cliniques, thérapeutiques et évolutives ont été collectées.

Résultats

Cent quatre-vingt treize souches de Candida sp. ont été isolées chez 186 patients, dont 54,9 % Candida albicans, 18,7 % Candida glabrata, 12,9 % Candida parapsilosis, 4,7 % Candida tropicalis et 4,1 % Candida krusei. Un pourcentage de 84 % des souches de Candida sp. étaient sensibles in vitro au fluconazole. Plus d’un tiers des souches de Candida glabrata présentaient une sensibilité dose-dépendante ou une résistance au fluconazole, 36 % de ces souches étant également résistantes au voriconazole. Les deux tiers des patients étaient des hommes, l’âge moyen était de 61,5 ans. Au moment du diagnostic, 37 % des patients étaient hospitalisés en réanimation. Les principaux facteurs de risque de candidémie retrouvés étaient une antibiothérapie à large spectre (75,8 %), la présence d’un cathéter central (72,6 %), un cancer solide ou une hémopathie maligne (47,3 %), une chirurgie récente (42,5 %), une nutrition parentérale (37,6 %). Cent cinquante-quatre patients ont été traités par antifongiques, le fluconazole étant prescrit en première intention dans deux tiers des cas. Le taux de mortalité était de 49 %, et était significativement augmenté en cas de choc septique, d’âge avancé et de nonablation d’un cathéter central.


Analyse de l’exposition préalable aux anti-inflammatoires et aux antibiotiques d’une cohorte de 34 patients hospitalisés au CHU de Nantes pour phlegmon périamygdalien V. Pinaud, F. Ballereau, S. Corvec, C. Ferron, P. Bordure, J. Caillon, A. Reynaud, N. Asseray, G. Potel, D. Lepelletier
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Objectifs

L’objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques épidémiologiques des patients hospitalisés pour prise en charge d’un phlegmon périamygdalien et d’analyser l’exposition antérieure aux anti-inflammatoires (AI) et/ou aux antibiotiques au décours d’une consultation médicale pour odynophagie.

Patients et méthodes

Inclusion d’une cohorte rétrospective de patients adultes hospitalisés au CHU de Nantes dans le service d’otorhinolaryngologie (ORL) en 2006 pour phlegmon périamygdalien. Analyse descriptive des variables relatives à l’exposition médicamenteuse (AI et antibiotiques) et à la prise en charge diagnostique et thérapeutique des patients.

Résultats

Parmi les 34 patients inclus, 20 patients (59 %) ont été exposés à un traitement AI non stéroïdien, 21 patients (62 %) aux antibiotiques et 12 patients (35 %) simultanément aux deux classes médicamenteuses. Malgré un résultat négatif, 50 % des patients ayant bénéficié d’un test de dépistage rapide (TDR) ont reçu une antibiothérapie. Tous les patients ont bénéficié d’une ponction de la collection périamygdalienne, sept d’un drainage pour évacuation de la collection périamygdalienne, et deux d’une amygdalectomie. Vingt et une souches bactériennes on été identifiées (13 anaérobies et neuf aérobies). Dans huit cas une seule souche a été isolée. Streptococcus spp., Fusobacterium et Prevotella représentaient les bactéries les plus fréquemment isolées des ponctions de phlegmons.

Conclusions

Une grande majorité des patients avait reçu un traitement AI et/ou antibiotique avant leur admission. Cette association médicamenteuse ne semble pas protéger les patients de la survenue d’un phlegmon périamygdalien.


Sensibilité aux antibiotiques des souches de Staphylocoques aureus isolées dans deux hôpitaux universitaires à Rabat, Maroc S. Elhamzaoui, A. Benouda, F. Allali, R. Abouqual, M. Elouennass
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Objectifs

Le but de cette étude est d’évaluer l’activité in vitro de plusieurs antibiotiques contre les souches de Staphylococcus aureus (S. aureus).

Méthodes

Cette étude prospective a duré deux années, de mars 2006 à mars 2008 et a été réalisée dans deux hôpitaux universitaires à Rabat au Maroc. Quatre cent soixante et un souches de S. aureus, non répétitives, ont été isolées de divers prélèvements provenant de différents services des dits hôpitaux.

La sensibilité des souches a été déterminée en utilisant la méthode de diffusion en milieu gélosé.

Résultats

Le taux de résistance de S. aureus à la méthicilline était de 19,3 % ; alors que 53,93 % des mêmes souches étaient résistantes à la gentamicine et toutes étaient sensibles aux glycopeptides.

Conclusions

Le taux des S. aureus à la méthicilline (SARM) était élevé. La résistance à la méticilline était souvent associée à d’autres résistances telle que la gentamicine et les fluoroquinolones. La vancomycine et la teicoplanine sont encore des antibiotiques efficaces sur les S. aureus dans les deux hôpitaux universitaires.


Mortalité au cours du choc septique de l’enfant secondaire à une infection communautaire : à propos de 70 cas K. Menif, A. Khaldi, A. Bouziri, W. Kechaou, S. Belhadj, A. Hamdi, K. Kazdaghli, N. Benjaballah
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Objectif

Déterminer le taux de mortalité et les facteurs qui l’influencent chez 70 enfants avec choc septique secondaire à une infection communautaire.

Patients et méthodes

Analyse rétrospective de toutes les observations des enfants admis, (janvier 1998 à août 2005), dans un service de réanimation pédiatrique, avec le diagnostic de choc septique, secondaire à une infection communautaire. Ont été exclus de l’étude les nouveau-nés âgés de moins de sept jours et les chocs secondaires à une infection nosocomiale.

Résultats

Soixante-dix observations ont été colligées, dont 32 (45,7 %) sont décédés. L’âge moyen était 3,8 ± 4,2 ans et le Prism durant les 24 premières heures était de 19,2 ± 8,4. Une défaillance multiviscérale était présente au moment du diagnostic de choc chez 69 patients (98,6 %), dont 60 (85,7 %) avaient plus de deux organes défaillants. Le délai moyen de transfert en réanimation par rapport à la constatation des premiers troubles hémodynamiques était de 9,4 ± 11,3 heures. Trois facteurs de risque indépendants de mortalité ont été identifiés : une défaillance de plus de deux organes à l’admission (OR = 4,4 ; IC à 95 % [2,1–9,4]), le recours à un volume de remplissage supérieur à 20 ml/kg à j2 de réanimation (OR = 3,4 ; IC à 95 % [1,1–10,3]) et le recours à plus de deux substances vasoactives (OR = 3,3 ; IC à 95 % [1,2–9]).


Tétanos néonatal et de la femme en âge de procréer à la clinique des maladies infectieuses de Dakar
 N.M. Manga, N.M. Dia, C.T. Ndour, S.A. Diop, L. Fortes, M. Mbaye, B.M. Diop, P.S. Sow
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Objectifs

Décrire et comparer les aspects épidémiologiques, cliniques et évolutifs du tétanos néonatal (TNN) et du tétanos de la femme en âge de procréer (TFAP) à Dakar.

Patients et méthode

Exploitation rétrospective des dossiers des cas de TNN (trois jours ≤ âge ≤ 28 jours) et de TFAP (15 ans ≤ âge ≤ 49 ans) hospitalisés au service des maladies infectieuses du CHNU de Fann de 2000 à 2007.

Résultats

Mille cent cinquante-six cas de tétanos dont 138 cas de TFAP (11,9 %) et 103 cas de TNN (8,9 %) ont été hospitalisés. Une diminution de la prévalence hospitalière annuelle des deux populations a été notée durant les huit ans d’étude. La majorité des femmes en âge de procréer (FAP) (59,4 %) avaient entre 15 et 25 ans et les cas de TNN avaient en moyenne 9,3 jours. Les deux groupes de malades provenaient surtout des zones suburbaines mal assainies (78 %). L’état vaccinal des FAP n’était pas à jour dans 92 % des cas. Les portes d’entrée principales étaient cutanées pour les TFAP (77,4 %) et ombilicales pour les TNN (85,4 %). À l’admission, 64 % des cas de TNN présentaient une forme grave (stade III de Mollaret) contre 11,6 % des cas de TFAP. La létalité du TNN (48,5 %) était significativement plus élevée que celle du TFAP (26,8 %) ; p = 0,0005.

Conclusion

Un renforcement du programme élargi de vaccination, avec des campagnes de rattrapage incluant les FAP dans les zones à haut risque, est nécessaire pour l’élimination du TNN au pronostic péjoratif à Dakar.


Communications brèves
Lésions cérébelleuses réversibles et neuropathie périphérique induites par le métronidazole S. Toumi, M. Hammouda, A. Essid, L. Medimagh, L. Ben Slamia, C. Laouani-Kechrid
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Introduction

Le métronidazole est un dérivé nitro-imidazolé largement prescrit dans le traitement des amibiases et des infections à germes anaérobies. Sa toxicité neurologique est rare mais peut être grave.

Cas clinique

Nous rapportons le cas d’un homme de 27 ans, traité par métronidazole pour un abcès cérébral, qui a présenté un syndrome cérébelleux et une neuropathie périphérique sensitive apparues à une dose cumulée de 60 g. L’aspect évocateur des lésions cérébelleuses à l’imagerie par résonance magnétique ainsi que leur réversibilité à l’arrêt du traitement ont permis de conclure à une toxicité neurologique du métronidazole.

Conclusion

L’apparition de signes neurologiques centraux ou périphériques chez un patient traité par métronidazole doit faire évoquer une toxicité médicamenteuse et impose l’arrêt du traitement.

Prevalence of and risk factors for sexually-transmitted infections in hidden female sex workers V. Harijaona, J.D. Ramambason, R. Morisset, A. Rasamindrakotroka, M. Ravaoarinoro
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Objectifs

Déterminer la prévalence des IST selon l’âge et évaluer les facteurs de risque chez les travailleuses du sexe clandestines (TSC).

Méthodes

Cent TSC âgées de plus de 15 ans ont été recrutées dans un quartier pauvre d’Antananarivo, Madagascar. Après un consentement éclairé oral, un prélèvement sanguin et un écouvillonnage endocervical ont été testés pour détecter des antigènes, des anticorps et des pathogènes (méthodes moléculaires, sérologiques et examens microscopiques). L’analyse des facteurs de risque a été effectuée selon la méthode de proportion (odds ratios) avec 95  d’intervalle de confiance.

Résultats

Trente-deux pour cent, 27, 12 et 7 % étaient respectivement infectés par Trichomonas vaginalis, Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis. Les anticorps contre la syphilis étaient détectés chez 11 %. Aucune n’était positive pour le VIH. Les principaux facteurs associés aux IST étaient : le jeune âge, le fait d’être mariée, un niveau bas d’éducation, l’âge précoce des premières relations et des antécédents d’infection génitale.

Vingt-deux cas de cryptococcose neuromeningée en Tunisie E. Kaouech, K. Kallel, S. Belhadj, S. Anane, T. Ben Châabane, K. Ben Fadhl, A. Khedher, B. Meddeb, S. Ben Lakhal, E. Chaker
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La cryptococcose neuroméningée est une infection mycosique grave touchant essentiellement le sujet immunodéprimé et en particulier, le sujet séropositif au VIH. Nous rapportons dans ce travail 22 cas de méningite à cryptocoque, diagnostiqués au laboratoire de parasitologie de l’hôpital La Rabta (Tunis) sur une période de 16 ans, chez 16 patients VIH+ et six patients non infectés par le VIH. Sur le plan clinique, nous notons, en plus de la fièvre et des céphalées, la fréquence des signes neurologiques focaux surtout dans le groupe des patients VIH−. L’examen mycologique du LCR a permis de poser le diagnostic de cryptococcose neuroméningée dans tous les cas. Le traitement, en première intention, a été l’amphotéricine B dans 13 cas, l’association amphotéricine B/5fluorocytosine dans trois cas et le fluconazole dans six cas. L’évolution s’est faite vers le décès dans 14 cas, la guérison dans sept cas et un patient a été perdu de vue.

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date de publication :

06/12/2009



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