MMI mars 2010

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Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - Mars 2010 Volume 40, Issue 3, Pages 129-84.

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Ce numéro de MMI dans EM-Consulte ou dans Science Direct

Revue générale
Save antibiotics. What can be done to prevent a forecasted disaster! Suggestions to promote the development of new antibiotics
F. Trémolières, R. Cohen, R. Gauzit, D. Vittecoq, J.-P. Stahl
Article EM-consulte - article Science Direct
Les besoins d’antibiotiques nouveaux, rendus nécessaires par l’accroissement des résistances bactériennes, ne seront satisfaits dans les années à venir que si de profonds bouleversements des méthodes de développement, d’évaluation, d’usage et de financement sont mis en place. Depuis dix ans, différentes réflexions et quelques actions ont vu le jour. L’optimisation de l’usage (type « plan antibiotique » en France) était indispensable, elle n’est pas achevée, elle ne représente qu’une partie du problème. Des questions majeures comme les améliorations à envisager dans les procédures de développement de nouveaux antibiotiques, l’optimisation des méthodes diagnostiques, des modalités de financement innovantes, ou le sauvetage de « vieux » antibiotiques menacés, sont régulièrement abordées. La réunion organisée en septembre 2009 par la présidence suédoise de l’UE a permis de conforter des recommandations déjà en place. Mais les conclusions restent encore imprécises. Les propositions qui sont présentées ici, à l’issue d’une réunion de travail, se veulent plus détaillées et innovantes, même si elles sont discutables, voire parfois provocatrices.
Quelles nouveautés en antibiothérapie ?
V. Cattoir, C. Daurel
Article EM-consulte - article Science Direct
Devant l’inévitable émergence de la résistance bactérienne qui suit l’introduction d’un antibiotique en pratique clinique, il existe un besoin constant de développer de nouvelles molécules. Comme constaté dans de nombreux domaines, les avancées se font généralement par vagues. De nombreux antibiotiques à large spectre (exemple, céphalosporines, associations pénicillines/inhibiteurs de β-lactamases, carbapénèmes et fluoroquinolones) ont été mis sur le marché dans les années 1970 et 1990. Depuis, peu de molécules ont été commercialisées, créant ainsi un déséquilibre entre isolement de bactéries résistantes et options thérapeutiques. En fait, la plupart des compagnies pharmaceutiques se sont focalisées sur le développement de nouveaux antibiotiques ciblant les bactéries à Gram positif multirésistantes (exemple, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline [SARM], Streptococcus pneumoniae résistant à la pénicilline et Enterococcus faecium résistant à la vancomycine). Ainsi, des bactéries à Gram négatif multirésistantes (exemple, Enterobacteriaceae productrices de β-lactamases à spectre étendu, Pseudomonas aeruginosa et Acinetobacter baumannii résistants aux carbapénèmes) ont récemment émergé avec une diffusion rapide et mondiale. Même si quelques molécules ont été développées, les nouvelles options thérapeutiques pour les infections dues aux bactéries à Gram négatif restent peu nombreuses par comparaison à celles pour les infections causées par les bactéries à Gram positif. Cette revue présente les principaux aspects microbiologiques, pharmacologiques et cliniques des antibiotiques à usage systémique récemment commercialisés en France (linézolide, daptomycine, tigécycline, ertapénème et doripénème) ainsi que ceux en cours de développement (ceftobiprole, ceftaroline, dalbavancine, télavancine, oritavancine, iclaprime et ramoplanine) ou commercialisés à l’étranger (garénoxacine, sitafloxacine et témocilline).
Articles originaux
Méningites communautaires à Staphylococcus aureus méticilline sensible
P. Pinet, E. Denes, F. Garnier, H. Durox, S. Ducroix-Roubertou, P. Weinbreck
Article EM-consulte - article Science Direct
Les méningites à Staphylococcus aureus (SA) sont rares. Elles sont classiquement à SA méticilline résistant (SARM) après un acte neurochirurgical. Les SA méticilline sensible (SASM) sont parfois en cause lors de méningites communautaires. Peu de cas sont rapportés, malgré une pathologie souvent grave.

Matériel et méthodes

Études des caractéristiques de cinq patients hospitalisés dans notre service présentant une méningite communautaire à SASM.

Résultats

Il s’agissait de trois hommes (dont un immunodéprimé) et deux femmes, de 62 ans de moyenne. Les symptômes neurologiques n’étaient au premier plan que dans deux cas. Il existait toujours des manifestations extraneurologiques, principalement osseuses (spondylodiscite, épidurite, sacro-iléite, arthrite), mais aussi pulmonaires. Trois patients présentaient une confusion. L’analyse du LCR retrouvait moins de 950 éléments avec une hyperprotéinorachie et une hypoglycorachie. Le germe n’a été retrouvé dans le LCR chez deux patients uniquement. Tous les patients avaient une bactériémie. La porte d’entrée n’a jamais été retrouvée. L’évolution a été bonne dans tous les cas sous une antibiothérapie prolongée, avec pour trois patients recours à la chirurgie (décompression médullaire, évacuation d’abcès…). Sur le plan microbiologique la TSST-1 (toxine) a été mise en évidence chez les trois souches analysables.

Conclusions

Il s’agit d’infections graves, survenant chez des patients sans facteurs de risque particuliers. La dissémination hématogène entraîne une atteinte polyviscérale. Un traitement prolongé (trois semaines) à forte dose est nécessaire, avec un relais oral en cas de localisations extraneurologiques. L’implication de la TSST-1 reste à définir sur un plus grand nombre de cas.


Résistance des souches d’Escherichia coli isolées de prélèvements d’origine urinaire vis-à-vis de l’association amoxicilline–acide clavulanique et divers antibiotiques
A. Ferjani, M. Marzouk, F. Ben Moussa, J. Boukadida
Article EM-consulte - article Science Direct
Évaluer l’activité de l’amoxicilline–clavulanate et des principaux antibiotiques antibacilles à Gram négatif vis-à-vis des souches urinaires d’Escherichia coli, en particulier les souches résistantes à l’amoxicilline, et analyser les résultats en fonction des différents tests de sensibilité utilisés.

Matériel et méthode

Ce travail prospectif (avril–mai 2008) a porté sur 301 souches non redondantes d’E. coli isolées des prélèvements urinaires. La sensibilité aux antibiotiques a été réalisée par la technique de diffusion sur milieu gélosé selon les recommandations du Comité de l’antibiogramme de la Société française de microbiologie. La détermination des concentrations minimales inhibitrices (CMI) a été réalisée par E-test.

Résultats

Sur antibiogramme, 59,8 % des souches étaient résistantes à l’amoxicilline, 33,2 % à l’amoxicilline–clavulanate, 1,7 % au céfotaxime, 8,3 % à l’acide nalidique, 6,6 % à l’ofloxacine, 4,7 % à la ciprofloxacine et à la gentamicine et 38,1 % au cotrimoxazole. Après détermination des CMI, parmi les souches d’E. coli résistantes à l’amoxicilline et sensibles à l’amoxicilline–clavulanate, 37,5 % (n = 30) restaient réellement sensibles, 61,25 % (n = 49) étaient de sensibilité intermédiaire et une seule souche (1,25 %) s’est révélée résistante. Parmi les souches d’E. coli résistantes à l’amoxicilline et ayant une sensibilité intermédiaire à l’amoxicilline–clavulanate, 83,3 % (n = 55) restaient de sensibilité intermédiaire, 13,7 % (n = 9) étaient sensibles et deux souches (3 %) se sont révélées résistantes.

Conclusion

Les tests de sensibilité aux antibiotiques, notamment pour l’amoxicilline–clavulanate, doivent être standardisés afin d’éviter les discordances observées entre l’antibiogramme standard et la détermination exacte de la CMI.


Référent en anti-infectieux
Évaluation prospective des associations antibiotiques d’un centre hospitalier général
P.-M. Roger, P. Brofferio, C. Labate, J.-R. Barrière, J.-M. Minguet, P. Foulon, C. Zumbo
Article EM-consulte - article Science Direct
Nous avons rapporté un taux d’antibiothérapies inadéquates supérieur à 30 % au sein d’un hôpital général présentant une organisation optimale. Cette constatation a permis l’institution d’une consultation hebdomadaire d’un infectiologue référent (IR). Nous rapportons ici une évaluation des associations antibiotiques (AA).

Patients et méthodes

La consultation de l’IR avait lieu une demi-journée par semaine. Les AA étaient répertoriées par la pharmacie grâce aux prescriptions informatisées. Une discussion contradictoire avec le clinicien en charge du patient était systématique afin d’évaluer la pertinence des AA.

Résultats

Durant neuf mois, 381 patients bénéficiaient de 486 poly-antibiothérapies, dont 116 étaient évaluées par l’IR (24 %). L’évaluation indiquait un diagnostic consensuel pour 71 AA (61 %), le diagnostic paraissant incertain 36 fois (31 %) et non consensuel neuf fois. La discussion contradictoire suggérait que l’AA était utile dans 35 % des cas, d’un intérêt thérapeutique discutable dans 22 % des cas et inadéquate dans 43 % des cas. Il existait une relation statistiquement significative entre le résultat de la discussion contradictoire et la pertinence de l’AA (p < 0,001). Les infections respiratoires étaient le motif essentiel des AA inutiles ou d’intérêt discutable (30/49, 61 %).

Conclusion

L’informatisation des prescriptions permet l’évaluation de l’antibiothérapie par l’IR malgré une durée de passage limitée. La discussion contradictoire, diagnostique et thérapeutique, indépendante de la qualité d’organisation hospitalière, apparaît être un élément central du bon usage des antibiotiques.


Cas clinique
Localisation hépatique de la maladie des griffes du chat chez un immunocompétent
F. Renou, L. Raffray, A. Gerber, M.P. Moiton, D. Ferrandiz, J.L. Yvin
Article EM-consulte - article Science Direct
La maladie des griffes du chat est une maladie d’inoculation bénigne dont la forme locorégionale est bien connue. Les localisations viscérales sont rares et surviennent surtout chez l’immunodéprimé.

Cas clinique

Nous présentons le cas d’un homme immunocompétent de 57 ans ayant développé des adénopathies du membre supérieur droit associées à des nodules hépatiques rapportés à une infection à Bartonella henselae.

Conclusion

La maladie des griffes du chat doit être évoquée devant des images nodulaires hépatiques et/ou spléniques chez un adulte. Un facteur d’immunodépression doit être recherché.


FMC : Cas clinique mystère
C. Ficko, N. Chanson, M. Ben M’rad, S. Diallo, N. Legoupil, P. Blanche, L. Guillevin, D. SalmonFMC
Question
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Réponse
Polyarthrite chronique et tuberculose
C. Ficko, N. Chanson, M. Ben M’rad, S. Diallo, N. Legoupil, P. Blanche, L. Guillevin, D. Salmon
Article EM-consulte - article Science Direct
La tuberculose est une maladie pléïomorphe, dont la présentation clinique, même chez un patient à risque, peut être particulièrement trompeuse. Nous rapportons un cas de rhumatisme de Poncet (RP), révélateur d’une récidive de tuberculose-maladie (avec atteinte pulmonaire et rachidienne) chez un sénégalais de 61 ans, 12 ans après l’infection initiale. La mise en place d’un traitement antituberculeux permettait la guérison du rhumatisme, devenu corticorésistant. La maladie de Poncet est une polyarthrite réactionnelle au BK, peu destructrice, d’évolution chronique. Bien que rare, cette entité ne doit pas être méconnue des cliniciens : une infection à Mycobacterium tuberculosis doit être recherchée en cas de rhumatisme chronique ne faisant pas sa preuve, a fortiori chez les patients à risque ou aux antécédents de tuberculose.
Lettres à la rédaction
Les nouvelles formes de résistance des bactéries aux antibiotiques : deux cas de Klebsiella pneumoniae produisant une céphalosporinase plasmidique
T. Gueudet, S. Richter, M. Szulc, F. Jehl
Article EM-consulte - article Science Direct

Profil bactériologique des infections maternofœtales dans un hôpital du centre tunisien
A. Ben Hadj Khalifa, H. Ben Hamouda, H. Soua, H. Braham, M.T. Sfar, M. Kheder
Article EM-consulte - article Science Direct

auteur :
date de publication :

19/03/2010



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