Mai 2011

Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - mai 2011 Volume 41,Issue 5, Pages 221-290.

Ce numéro de MMI dans EM-Consulte ou dans Science Direct

Recommandations
Antibiothérapie par voie générale dans les infections respiratoires basses de l’adulte. Pneumonie aiguë communautaire. Exacerbations de bronchopneumopathie chronique obstructive
C. Chidiac, Pour le groupe de travail
Article EM-consulte - article Science Direct
Article original
Profil biologique des patients adultes infectés par le VIH à l’initiation du traitement antirétroviral au Togo
A. Mouhari-Toure, A. Patassi, K.T. Nabroulaba, K.E. Djadou, K. Edou, D. Nyametso, K. Aho, A. Saïbou, M. Kombaté, K. Kpanla, K.W. Niman, A. Togbossi, E. Agodomou, A. Wotogbe, M. Tadona, A. Singo, K. Déku, P. Pitche
Article EM-consulte - article Science Direct

Objectif

L’objectif de cette étude était de déterminer le profil immunologique et les anomalies biologiques des adultes à l’initiation du traitement antirétroviral au Togo.

Patients et méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective et descriptive portant sur tous les patients mis sous traitement antirétroviral (TARV) au cours de l’année 2009 au Togo.

Résultats

Au total 5106 patients ont été inclus dans l’étude. L’âge médian était de 35 ans, 68,6 % des patients étaient de sexe féminin. L’infection à VIH1 était prédominante (97,5 %). La moyenne de CD4 à l’initiation du traitement était de 134 cellules/μl. Parmi ces patients, 22,1 % avaient un nombre de CD4 inférieur à 50 cellules/μl et 73,8 % avaient un nombre de CD4 ≤ 200 cellules/μl. Le taux d’hémoglobine était inférieur à 8 g/dl chez 13,8 % des patients. Les chiffres des transaminases étaient élevés (grade 1 et plus) chez 55,9 % des patients pour ASAT, et chez 29,8 % des patients pour ALAT. La créatininémie moyenne était de 9,6 ± 5 mg/l avec des extrêmes de 1,1 et 83,3 mg/l.

Conclusion

L’initiation du TARV est tardive au Togo, d’où l’immunodépression sévère d’une proportion importante de patients à l’initiation du traitement. L’amélioration des stratégies de dépistage de masse devrait permettre d’augmenter le nombre de malades traités précocement pour mieux répondre aux recommandations de l’OMS de 2009.


Intéraction médicamenteuse anti-vitamines K/antibiotiques en médecine de ville
M.-D. Do, F. Ades, N. Sarraf, J. Pivette, A. Chaslerie, É. Bouquet, S. Fanello
Article EM-consulte - article Science Direct

Objectif

Les accidents hémorragiques liés aux anti-vitamines K (AVK) sont au premier rang des effets iatrogènes entraînant une hospitalisation. Les antibiotiques (ATB) sont susceptibles d’interagir avec les AVK. L’objectif de ce travail était d’évaluer si les prescripteurs de la région Pays-de-la-Loire suivent les recommandations concernant l’interaction AVK/ATB.

Méthode

Deux stratégies ont été mises en place : une étude rétrospective sur l’année 2007 et basée sur l’exploitation régionale des données du Régime général de l’Assurance Maladie des Pays-de-la-Loire sur une population exposée à un seul AVK répartis en deux groupes selon qu’ils prenaient ou non antibiotiques ; un focus-group réunissant des médecins généralistes exerçant dans le département du Maine et Loire.

Résultats

La réalisation d’examens biologiques de surveillance de la coagulation (ESC) n’était pas la règle. La proportion de réalisation de plus d’un ESC par mois était significativement plus élevée dans le groupe AVK/ATB que dans le groupe AVK seul. L’application de la recommandation de l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) pour un renforcement de la surveillance devant tout médicament susceptible d’interagir avec les AVK se heurte au comportement prescripteur des médecins et sur la faible incidence d’hospitalisations dues à l’interaction AVK/ATB.

Conclusion

Ce travail a montré un écart entre la pratique des médecins généralistes des Pays-de-la-Loire et les recommandations de l’AFSSAPS. L’interaction AVK/ATB doit donc être une préoccupation constante du médecin généraliste initiateur ou non de l’anti-coagulation.


Examens paracliniques et durée de l’antibiothérapie des infections ostéoarticulaires
P.-M. Roger, V. Lesbats, É. Cua, R. Farhad, C. Trojani, P. Boileau, P. Dellamonica
Article EM-consulte - article Science Direct
Les modalités de suivi des infections ostéo-articulaires (IOA) sont controversées, notamment quant à l’intérêt des examens paracliniques. Depuis 2005 nous avons systématisé la durée d’antibiothérapie des IOA à six semaines pour tous les patients. Les examens biologiques et iconographiques réalisés durant l’antibiothérapie ne participent donc pas à la décision d’arrêt thérapeutique. Cette approche doit permettre d’apprécier l’intérêt de ces examens.

Patients et méthodes

Tous les patients présentant une IOA de juillet 2005 à juillet 2008 et ayant bénéficié de six semaines d’antibiothérapie et d’examens paracliniques (C-reactive protein [CRP], VS, scanner et/ou IRM) étaient inclus. Une CRP inférieure à 10 mg/L et une VS à la première heure inférieure à 15 mm étaient considérées comme normales. Les données radiologiques étaient interprétées par un radiologue référent en IOA avec un enregistrement systématique des paramètres pertinents.

Résultats

Quatre-vingt-sept patients présentant une IOA avaient bénéficié d’une durée moyenne d’antibiothérapie de 42 ± 0,3 jours. La guérison était observée chez 82 patients (94 %) avec un recul de 36 ± 9 mois, cinq présentant une rechute. La CRP, disponible dans 71 cas en fin d’antibiothérapie, était normale dans 44/68 évolutions favorables (65 %) et dans deux tiers des évolutions défavorables. La VS, disponible dans 22 cas en fin d’antibiothérapie, était normale dans huit évolutions favorables (32 %). En fin d’antibiothérapie, le scanner montrait une infection active dans 18/27 évolutions favorables (67 %), l’IRM suggérant ce même diagnostic dans 10/16 cas (63 %).

Conclusion

CRP et VS sont peu informatives pour le suivi thérapeutique des IOA. De même, les examens radiologiques sont inopérants pour déterminer la durée d’antibiothérapie.


Cas groupés de fièvre typhoïde autochtone dans une agglomération française
N. Baclet, S. Haeghebaert, L. Legout, M. Caillaux, S. Moreau-Crepeaux, A. Vachée, E. Senneville, P. Chaud, Y. Yazdanpanah, J. Poissy
Article EM-consulte - article Science Direct

Contexte

La survenue de cas groupés de fièvre typhoïde autochtone en janvier 2009 dans la métropole lilloise a déclenché des investigations visant à identifier l’origine et la source de la contamination et à optimiser la prise en charge des personnes infectées.

Patients et méthodes

Un cas a été défini comme toute personne résidant dans la métropole lilloise, ayant présenté des symptômes évocateurs de fièvre typhoïde de janvier à mars 2009.

Résultats

Au total, 16 cas de fièvre typhoïde sont survenus entre le 23 janvier et le 22 mars 2009. Les patients, dont aucun n’avait voyagé, avaient tous participé à un repas associatif le 10 janvier 2009. Une femme, ayant participé à la préparation du repas et qui avait auparavant séjourné en zone d’endémie, a été dépistée porteuse asymptomatique deSalmonella Typhi.

Conclusion

En France, si la fièvre typhoïde reste essentiellement une pathologie d’importation, le risque épidémique autochtone existe néanmoins et son diagnostic peut être évoqué chez des personnes n’ayant pas voyagé. Les caractéristiques de cet épisode illustrent l’importance du respect des règles d’hygiène de base dans le domaine de la restauration.


Référents en anti-infectieux
Cas groupés d’infections respiratoires aiguës et stratégie d’alerte en institutions de personnes âgées
P. Gaspard, A. Mosnier, J.-M. Cohen, D. Gunther, C. Roth, F. Stoll-Keller, S. Gayet, X. Bertrand, D. Talon, Les référents GROG Géronto-Alsace
Article EM-consulte - article Science Direct

Objectif

Les épidémies d’infections respiratoires sont fréquentes dans les établissements hébergeant des résidents/patients âgés. Ce travail évalue les cas groupés dans un but de validation et d’optimisation des stratégies d’alerte.

Méthode

Une surveillance prospective hebdomadaire des infections respiratoires aiguës (IRA) basses et grippales (IRAB-G) a été conduite sur cinq années dans 11 établissements d’Alsace. Une analyse des périodes avec des cas groupés d’IRAB-G a été réalisée. Une approche clinique a été utilisée pour la surveillance et pour l’identification des virus, des prélèvements nasopharyngés ont été réalisés avec mise à disposition de tests rapides de détections immunoenzymatiques.

Résultats

Les périodes de trois semaines ont été analysées à condition de commencer par une semaine avec un nombre de cas supérieur ou égal à trois. Cette analyse a montré un risque important d’épidémie quand ce nombre de cas était atteint dans les unités de soin. Les virus identifiés étaient : le virus de la grippe pour dix périodes et le virus respiratoire syncitial pour deux périodes.

Conclusion

Ce travail confirme l’importance d’une surveillance des cas groupés d’infections respiratoires dans les établissements accueillants des résidents âgés. Pour anticiper ces événements, l’alerte dans les établissements doit être opérationnelle dès le troisième cas avec une vigilance accrue en période de circulation virale et si un virus est identifié chez des résidents (grippe ou virus respiratoire syncytial [VRS]).


Cas cliniques
Pan-susceptible Proteus mirabilis septicemia in a patient multicolonized by pan-resistant bacteria
J. Salomon, A. Dinh, C. Lawrence, E. Ronco, J.-L. Herrmann, L. Bernard
Article EM-consulte - article Science Direct
Anal tuberculosis complicated by secondary amyloidosis
G. Monsel, V. Martinez, H. Izzedine, B. Mory, F. Bricaire, E. Caumes
Article EM-consulte - article Science Direct
Lettres à la rédaction
Bactériémie à Desulfovibrio fairfieldensis au cours d’une sigmoïdite aiguë
T. Gaillard, S. Pons, C. Darles, O. Beausset, T. Monchal, P. Brisou
Article EM-consulte - article Science Direct
Cryptococcal myositis and sarcoidosis
C. Charlier-Woerther, C. Fenoll, C. Bouges-Michel, D. Valeyre, O. Lortholary, A.-C. Masquelet
Article EM-consulte - article Science Direct
Pyonéphrose à Listeria monocytogenes sur un rein ectopique
M.A. Lakmichi, L. Arsalane, B. Sadiki, Z. Dahami, M.S. Moudouni, L. Louzi, K. Zahlane, I. Sarf
Article EM-consulte - article Science Direct
Analyse de la littérature
Vaccination antigrippale chez la femme enceinte : protéger la mère, protéger l’enfant
Article EM-consulte - article Science Direct
Méningo-encéphalites : le point de vue anglais
Article EM-consulte - article Science Direct
Artemether-lumefantrine : une alternative dans le paludisme simple de la femme enceinte ?
Article EM-consulte - article Science Direct
Compte-rendu de Congrès
Actualités en matière de vaccination
M. Aubert, H. Aumaître, J. Beytout, K. Bloch, D. Bouhour, P. Callamand, C. Chave, J. Cheymol, B. Combadière, A. Dahlab, F. Denis, L. De Pontual, B. Dodet, M.-A. Dommergues, V. Dufour, A. Gagneur, J. Gaillat, J. Gaudelus, G. Gavazzi, Y. Gillet, C. Gras-le-Guen, H. Haas, T. Hanslik, I. Hau-Rainsard, S. Larnaudie, O. Launay, M. Lorrot, P. Loulergue, D. Malvy, S. Marchand, G. Picherot, D. Pinquier, C. Pulcini, C. Rabaud, F. Regnier, P. Reinert, C. Sana, C. Savagner, B. Soubeyrand, J.-L. Stephan, C. Strady.
Article EM-consulte - article Science Direct
La réunion annuelle de la Société américaine d’infectiologie (Infectious Disease Society of America [IDSA]), qui a réuni près de 5000 congressistes de plus de 80 pays à Vancouver, Canada du 21 au 24 octobre 2010, a permis de faire le bilan de la pandémie de grippe A(H1N1) 2009 en Amérique du Nord, d’évaluer les programmes de vaccination, et de présenter les nouveaux vaccins en cours de développement. Avec 12 500 décès aux États-Unis en 2009–2010, la grippe pandémique a été moins meurtrière que la grippe saisonnière. Mais elle a frappé essentiellement des jeunes, et le bilan calculé en nombre d’années de vie perdues est élevé. Les différents vaccins monovalents (vivants atténués, inactivés avec ou sans adjuvants) ont été bien tolérés, chez les enfants comme chez les adultes et les femmes enceintes. La protection des très jeunes nourrissons contre la coqueluche passe par le renforcement des rappels vaccinaux de son entourage familial. L’introduction du vaccin pneumococcique conjugué 13-valent au début de l’année 2010 pourrait résoudre – mais pour combien de temps? – le problème de remplacement des sérotypes, responsable d’une recrudescence des infections invasives à pneumocoques observée dans les pays qui avaient introduit le vaccin conjugué 7-valent. L’efficacité du vaccin rotavirus se confirme, avec une diminution des hospitalisations aux États-Unis et une diminution des décès dus aux gastroentérites au Mexique. Aux États-Unis, la vaccination des préadolescentes contre le papillomavirus humain (HPV) n’a pas entraîné d’effet indésirable particulier. La vaccination de routine contre la varicelle, recommandée depuis 1995, n’a eu aucun impact sur l’évolution de l’incidence du zona. Quant au vaccin contre le zona, recommandé pour les sujets de 60 ans et plus aux États-Unis, son efficacité sur le terrain serait de 55 %, d’après une étude de cohorte (Kaiser Permanente de Californie du Sud). Si certains proposent l’élaboration de vaccins à la carte, en fonction des caractéristiques génétiques individuelles, la priorité reste l’augmentation de la couverture vaccinale, non seulement chez les enfants, mais aussi chez les adultes et les personnes âgées. Il convient de proposer un calendrier vaccinal étalé sur toute la vie, la vaccination à l’âge adulte et chez les seniors étant déterminante pour une bonne santé à tous les âges de la vie.