Résumés des articles parus dans Médecine et Maladies Infectieuses - Juillet 2009 Volume 39,Issues 7-8, Pages 419-666.
Textes d'experts de la 17e Conférence de consensus en thérapeutique
anti-infectieuse - Prise en charge des méningites bactériennes aiguës
(à l'exclusion du nouveau-né)
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Actualisation de l’épidémiologie des méningites bactériennes de l’enfant en France
C. Levy, F. de La Rocque, R. Cohen
- Cette synthèse sur l’épidémiologie des méningites bactériennes de l’enfant s’inscrit dans le cadre de la XVIIe Conférence
de consensus en thérapeutique anti-infectieuse française et doit
contribuer à l’élaboration de recommandations pour la prise en charge
de cette pathologie. Les incidences des méningites bactériennes sont de
44/100 000 habitants chez les enfants de moins d’un an et de
6,9/100 000 chez les un à quatre ans (incidences de 2002). Neisseria meningitidis représente plus de la moitié des cas (53,7 %), suivie par Streptococcus pneumoniae (32,5 %), streptocoque du groupe B (5,8 %) et Haemophilus influenzae
(3,2 %). Le streptocoque du groupe B prédomine chez les patients de
plus de 28 jours et de moins de deux mois (49,4 %) et le pneumocoque
chez les enfants de deux à 12 mois (45,2 %). Au-delà d’un an, le
méningocoque est la bactérie la plus fréquente (69,7 %). Toutes les
souches de N. meningitidis
sont sensibles au céfotaxime et à la ceftriaxone, un tiers sont de
sensibilité diminuée à la pénicilline G. Concernant le pneumocoque, en
2001, 10 % des souches étaient résistantes à la pénicilline G alors
qu’en 2005 elles ne représentaient plus que 3 % des cas. Aucune souche
n’était résistante au céfotaxime alors que dans 6 % les souches étaient
de sensibilité diminuée au céfotaxime en 2005 (CMImax = 2 μg/ml).
L’arrivée de nouveaux vaccins conjugués et la pression de sélection
exercée par les antibiotiques sur les souches bactériennes ont
probablement participé aux changements de l’épidémiologie des
méningites bactériennes de l’enfant.
Actualisation de l’épidémiologie des méningites bactériennes aiguës chez l’adulte en France
E. Varon
- En 2006, le nombre de méningites
bactériennes aiguës communautaires survenues en France a été estimé à
1375 (2,23/100 000). Les pathogènes impliqués chez l’adulte étaient,
par ordre de fréquence, Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis, puis Listeria monocytogenes, Streptococcus agalactiae et Haemophilus influenzae.
La mortalité globale était de 20 %. Les séquelles survennaient dans
30 % des cas, plus fréquentes en cas de pneumocoque. La diminution de
la sensibilité aux antibiotiques concerne surtout N. meningitidis, S. pneumoniae et H. influenzae. Avec la généralisation du vaccin conjugué anti-H. influenzae de type b pour les enfants de moins de deux ans en 1992, les méningites à H. influenzae
sont devenues peu fréquentes chez l’adulte ; il s’agissait le plus
souvent de souches non typables, de sensibilité diminuée aux
aminopénicillines par diminution d’affinité d’une protéine de liaison
aux pénicillines (12 % des cas). Les souches de N. meningitidis
étaient de sensibilité diminuée à l’amoxicilline dans 30 % des cas,
mais restaient sensibles aux céphalosporines de troisième génération
(C3G) injectables. La résistance à la rifampicine ou à la
ciprofloxacine était rare. La proportion de souches de S. pneumoniae
de sensibilité diminuée aux bêta-lactamines est en baisse régulière
depuis 2002. Dans les méningites de l’adulte, elle était de 37 % pour
la pénicilline, 18 % pour l’amoxicilline et 4 % pour le céfotaxime ou
la ceftriaxone. Pour aucune de ces souches, la CMI des C3G injectables
n’excédait 2 mg/l. Toutes les souches de pneumocoque étaient sensibles
aux glycopeptides.
Sensibilité et spécificité des signes cliniques chez l’adulte
F. Lucht
- Le diagnostic clinique de méningite
bactérienne peut être soit retardé, à cause du manque de sensibilité
des signes cliniques, avec un mauvais pronostic vital, soit porté par
excès, conduisant à d’inutiles, coûteuses et potentiellement
dangereuses hospitalisations. Pour faire une analyse des données
cliniques dans le diagnostic de méningite, nous avons procédé à une
critique analytique de la littérature en langue anglaise et française
de 1997 à 2007, par recherche MEDLINE. D’autres références ont été
identifiées à partir des bibliographies des articles initiaux. Nous
avons utilisé les mots clés meningitis, meningitis and clinical features, cerebrospinal fluid (CSF) pleocytosis, headache and fever, Kernig sign, Brudzinski sign, neck stiffness.
Nous avons exclu les méningites nosocomiales. La sensibilité des signes
cliniques tels que céphalées, vomissements ou fièvre est souvent
inférieure à 30 %, celle de la raideur nucale peut atteindre 45 %, mais
l’absence de deux signes parmi fièvre, céphalées, raideur nucale et
altération de la conscience, permet d’exclure le diagnostic avec une
valeur prédictive négative de 95 %. Étant donné la gravité des
méningites bactériennes, les cliniciens réalisent trop souvent
directement une ponction lombaire (ou une imagerie cérébrale),
particulièrement chez les patients à risque. D’autres études
prospectives cliniques sont nécessaires pour améliorer la performance
du diagnostic clinique des méningites bactériennes.
Signes évocateurs de méningite chez le nourrisson
J.-C. Mercier
- Les méningites bactériennes constituent
une urgence médicale nécessitant une reconnaissance précoce et
l’institution urgente d’une antibiothérapie probabiliste adaptée.
Cependant, la reconnaissance précoce d’une infection bactérienne sévère
est difficile chez le nourrisson. Deux formes cliniques sont
essentiellement observées chez le nourrisson : premièrement, méningite
caractérisée par une fièvre habituellement supérieure à 39,0 °C et des
signes peu spécifiques comme un refus du biberon ou des vomissements ;
l’irritabilité d’un nourrisson asthénique ou geignard, une fontanelle
pleine ou bombante, des convulsions insolites, parce que survenant chez
un nourrisson moins de six mois d’âge et d’une durée supérieure à dix
minutes, doivent attirer l’attention du clinicien et faire décider une
ponction lombaire (PL) ; deuxièmement, sepsis sévère caractérisé par
une tachycardie constante, des extrémités froides et mal colorées, des
douleurs des jambes qui doivent évoquer une affection à méningocoque ;
il est urgent d’initier un remplissage vasculaire associée à une
antibiothérapie, tout en repoussant à plus tard la PL, avant que la
cascade septique n’évolue vers un choc septique d’évolution fulminante,
associé à un purpura ecchymotique ou nécrotique extensif. Étant donné
la fréquence des infections virales bénignes et la rareté des
infections bactériennes sévères, des recommandations ont été publiées
pour guider le clinicien devant un nourrisson âgé de moins de trois
mois fébrile, bien qu’une prise en charge plus clinique, au cas par
cas, semble aussi efficace au prix de moins d’examens complémentaires
et d’hospitalisations.
Apport des examens microbiologiques au diagnostic des méningites bactériennes aiguës
H. Vu Thien
- Les principales bactéries responsables de
méningites aiguës communautaires, après la période néonatale, sont le
méningocoque et le pneumocoque, très rarement Haemophilus influenzae et Listeria monocytogenes.
Le diagnostic microbiologique repose essentiellement sur l’examen
direct (cytologie et Gram) et la culture du liquide céphalorachidien.
La recherche d’antigènes solubles et d’ADN bactérien est utile en cas
de cultures négatives, liées soit à la fragilité de la bactérie
(méningocoque), soit à une antibiothérapie précoce, instaurée avant la
ponction lombaire. Certains tests de détection de résistance aux
antibiotiques font partie du diagnostic, comme ceux détectant la
résistance aux ß-lactamines des pneumocoques. Hémocultures,
prélèvements sanguins, biopsies cutanées peuvent également contribuer
au diagnostic.
Diagnostic différentiel entre méningite bactérienne et méningite virale : apport des examens non microbiologiques
B. Hoen
- Dans la majorité des cas, il est
relativement aisé de distinguer entre méningite bactérienne et
méningite virale en intégrant les données de l’examen clinique,
l’aspect macroscopique du liquide céphalorachidien (LCR), les résultats
de la formule cytochimique et de l’examen direct du LCR. Cependant,
dans environ 20 % des cas, ce diagnostic différentiel peut être
difficile. Dans ces situations, des examens paracliniques peuvent aider
au diagnostic. La mesure du lactate dans le LCR est un bon prédicteur
de méningite bactérienne pour des valeurs supérieures à 3,5 mmol/l. La
procalcitonine sérique est un marqueur biologique performant pour
discriminer entre méningite bactérienne et virale, avec une valeur
seuil entre 1 et 2 ng/ml, mais ce paramètre peut être pris en défaut
dans les deux sens dans des cas individuels. Des scores/modèles
performants d’aide au diagnostic différentiel ont été validés et
peuvent être proposés pour l’utilisation clinique quotidienne,
notamment dans les services d’accueil d’urgence, aussi bien d’adultes
que d’enfants, pour identifier les patients ayant une très faible
probabilité d’avoir méningite bactérienne, chez lesquels
l’antibiothérapie peut ainsi être évitée.
Indication
de l’imagerie cérébrale dans la prise en charge initiale et le suivi de
la méningite bactérienne aiguë communautaire (en dehors de la recherche
spécifique d’une porte d’entrée)
D. Béquet, T. de Broucker
- La ponction lombaire (PL) est l’examen
essentiel pour affirmer le diagnostic de méningite bactérienne. Elle
doit être pratiquée en extrême urgence. Le risque d’engagement doit
être évalué avant de réaliser le geste et faire pratiquer une imagerie
en cas de doute. Pratiquer une imagerie pour vérifier l’absence de
contre-indication est source de retard à la documentation
microbiologique, voire à la négativation des prélèvements et
d’administration aveugle d’une antibiothérapie peut être non justifiée.
Le risque de complication d’une PL en cas de suspicion de méningite
bactérienne doit pouvoir être apprécié cliniquement simplement et
rapidement. La revue de la littérature et des recommandations récentes
permet de proposer un arbre décisionnel simple et opérant en extrême
urgence. Trois grands items doivent être vérifiés : l’anamnèse,
l’existence de signes de localisation (a fortiori de signes
d’engagement) et les troubles de la vigilance. La notion d’hypertension
intracrânienne est ambiguë dans le cadre de la suspicion de méningite
bactérienne. De même, la pratique d’un fond d’œil et a fortiori son
interprétation est illusoire en urgence. Ces items ne sont pas retenus
dans l’arbre décisionnel. L’imagerie cérébrale et crânienne a des
indications secondaires pour rechercher une complication en cas
d’évolution non satisfaisante, en cas d’immunodépression, ou pour la
recherche d’une porte d’entrée. L’imagerie par résonance magnétique
cérébrale (IRM) est l’examen de choix quand elle est possible. La
tomodensitométrie permet de mieux analyser les structures osseuses. Les
techniques conventionnelles doivent être complétées de séquences qui
augmentent la sensibilité de l’examen (écho de gradient, séquences
vasculaires, séquence de diffusion).
Pharmacodynamie des antibiotiques dans le LCR : principes et conséquences (facteurs prédictifs d’efficacité)
F. Van Bambeke, P.M. Tulkens
- Le choix rationnel d’un antibiotique pour
le traitement de la méningite doit prendre en considération des
critères tels que son activité intrinsèque vis-à-vis des bactéries
impliquées et ses propriétés pharmacocinétiques et pharmacodynamiques.
L’activité intrinsèque est évaluée par la mesure de la concentration
minimale inhibitrice (CMI), qui ne renseigne toutefois pas sur le
pouvoir bactéricide des antibiotiques (important dans un compartiment
comme le liquide céphalorachidien (LCR) où les défenses de l’hôte sont
insuffisantes). La capacité de l’antibiotique à rejoindre le
compartiment infecté dépend de ses caractéristiques physicochimiques
(poids moléculaire, lipophilie), et de sa liaison aux protéines
plasmatiques, mais aussi des propriétés de la barrière hématoméningée
(perméabilité [modulée par l’inflammation] ; transporteurs actifs). La
pharmacodynamie réunit activité intrinsèque et pharmacocinétique en
déterminant la valeur optimale du rapport entre CMI et temps
d’exposition, aire sous la courbe ou pic de concentration. Sur ces
bases, les β-lactames apparaissent comme les antibiotiques de choix,
moyennant l’utilisation de doses élevées et répétées, voire même de
perfusion continue en raison de leur activité temps-dépendante. Le
choix de la molécule dépendra de la sensibilité bactérienne. Parmi les
alternatives possibles, le chloramphénicol présente une
pharmacocinétique appropriée mais sa toxicité limite son usage. La
moxifloxacine associe les critères de pénétration, pouvoir bactéricide
et bonne activité intrinsèque sur la plupart des germes en cause, mais
l’expérience clinique est limitée. La vancomycine et le linézolide sont
des alternatives utiles pour les Methicillin-Resistant Staphylococcus aureus
(MRSA). La vancomycine est utilisable pour les streptocoques peu
sensibles aux β-lactames. D’autres molécules nouvelles ou en
développement sont également à l’étude.
Degré
d’urgence de l’antibiothérapie d’un patient présentant une méningite
présumée bactérienne : modèles expérimentaux et données cliniques
M. Wolff, J.-M. Decazes
- Aucune étude clinique prospective ne
permet de chiffrer précisément le délai optimal, voire simplement
légitime de mise en œuvre de l’antibiothérapie adaptée après arrivée à
l’hôpital d’un patient atteint de méningite bactérienne. Les études
expérimentales montrent que l’idéal serait d’intervenir avant
l’irruption des polynucléaires au site de l’infection, mais les malades
sont peu symptomatiques à ce stade. Elles montrent aussi qu’à tous les
stades évolutifs de la maladie, il existe une logique bénéficiaire au
temps gagné, que ce soit sur d’inflammation, la bactériémie ou la perte
d’audition. Un très petit nombre d’études cliniques réussit à
quantifier en heures le délai d’administration de l’antibiothérapie
après l’admission à l’hôpital et deux d’entre elles montrent une
relation statistique entre ce délai et le pronostic des méningites
bactériennes chez l’adulte. Les données disponibles conduisent à
recommander que la gestion d’un malade suspect de méningite bactérienne
et arrivant à l’hôpital soit conduite de telle manière que
l’antibiothérapie efficace soit entamée dans l’heure suivant son
arrivée.
Méningites présumées bactériennes communautaires de l’adulte : antibiothérapie initiale
P. Chavanet
- Pour réduire la mortalité et la morbidité
des méningites bactériennes, il est nécessaire d’obtenir une
stérilisation du LCR la plus précoce possible. Le traitement
antibiotique doit être adapté aux germes présumés, administré le plus
tôt possible à forte posologie avec au besoin dose de charge et
perfusion continue. Les proportions de Streptococcus pneumoniae, Neisseria méningitis et Haemophilus influenzae
ayant une anomalie de sensibilité aux pénicillines sont en France de
37 %, 30 % et 12 % respectivement. Pour le traitement antibiotique
présomptif, cela impose le recours à la ceftriaxone ou au céfotaxime.
Listeria monocytogenes restant constamment sensible, l’association
aminopénicilline–aminoside est indiquée. Les résistances comme les
allergies ou autres contre-indications sont heureusement rares mais
elles imposent le recours à des associations plus ou moins complexes
qui bénéficient pour la plupart de peu de validation clinique. Dans ces
cas, des alternatives sont possibles en utilisant des molécules en
association comme la vancomycine, fosfomycine, voire fluoroquinolone ou
linézolide.
Le traitement des méningites bactériennes communautaires, après identification microbiologique
J.-P. Stahl
Introduction
La conférence de consensus de la Spilf de 1996 sur les méningites bactériennes est-elle toujours adaptée ?Objectif
Analyser
la littérature parue depuis 1996 et proposer les données disponibles
sur le traitement antibiotique, une fois le diagnostic microbiologique
établi ou fortement soupçonné.
Méthode
Recherche
bibliographique sur PubMed, avec 10 015 références examinées. Seules
les références postérieures à 1997 ont été analysées.
Résultats
Aucune
étude ne permet de remettre en cause les traitements antérieurement
proposés pour les infections à méningocoque ou pneumocoque : C3G ou
amoxicilline, avec adjonction de vancomycine en cas de sensibilité
anormale du pneumocoque. De façon ponctuelle, des solutions
alternatives sont possibles en cas d’infection pneumococcique :
méropénem ou fluoroquinolone antipneumococcique figurent dans les
recommandations nord-américaines. Les nouvelles molécules disponibles
sur le marché ont été évaluées dans le cadre de l’expérimentation
animale : daptomycine et ertapénem semblent efficaces, le linézolide ne
l’est pas. Parmi les associations d’antibiotiques testées dans les
modèles expérimentaux, ceftriaxone + rifampicine (CR) est supérieur à
ceftriaxone + vancomycine (CV). La durée de l’antibiothérapie des
méningites bactériennes n’a fait l’objet d’aucune étude contributive.
Conclusion
Il
n’y a pas lieu de modifier les propositions à utiliser de façon
générale. En cas de problème de sensibilité du pneumocoque, un penem
peut être proposé ou une association CR.
Modalités
de l’antibiothérapie (initiale et ultérieure) chez l’enfant d’un à
trois mois et de plus de trois mois (examen direct positif et examen
direct négatif)
J. Sarlangue, C. Castella, P. Lehours
- La gravité potentielle des méningites du
nourrisson et de l’enfant justifie l’optimisation du traitement
antibiotique initial, basé essentiellement sur l’examen direct du LCR,
et l’adaptation rapide de celui-ci après identification de la bactérie
en cause et détermination de sa sensibilité. Le recours en première
intention à une bithérapie par cefotaxime (300 mg/kg par jour) ou
ceftriaxone (100 mg/kg par jour) et vancomycine (60 mg/kg par jour)
reste indispensable si l’examen du LCR n’est pas réalisé ou s’avère non
contributif ou révèle la présence de cocci à Gram positif. En effet,
malgré la diminution en 2005 de l’incidence des souches pneumocoque de
sensibilité diminuée à la pénicilline (PSDP), l’émergence récente du
sérotype 19A et l’influence délétère de la sensibilité diminuée du
pneumocoque sur le pronostic doivent inciter à rester prudents . Une
monothérapie par CIIIg est suffisante en cas d’orientation vers une
infection à méningocoque ou Haemophilus influenzae,
l’adjonction d’un aminoside étant nécessaire si la responsabilité d’une
entérobactérie est soupçonnée, surtout avant l’âge de trois mois.
L’arrêt de la vancomycine et la réduction de la posologie de la CIIIg
sont possibles si la concentration minimale inhibitrice (CMI) du
pneumocoque à cefotaxime/ceftriaxone est inférieure à 0,5 mg/l avec un
arrêt du traitement au dixième jour. Dans les autres cas, la ponction
lombaire (PL) de contrôle est indispensable et le traitement, parfois
renforcé par la rifampicine, doit être poursuivi durant 14 jours.
L’utilisation des pénicillines A ne se justifie plus qu’en cas
d’infection suspectée ou prouvée à Listeria monocytogenes actuellement très rare mais nécessitant trois semaines de traitement.
Corticosteroids for acute adult bacterial meningitis
D. van de Beek
- Bacterial meningitis in adults is a
severe disease, with high fatality and morbidity rates. Experimental
studies showed that the inflammatory response in the subarachnoid space
is associated with unfavorable outcome. In these experiments,
corticosteroids, and in particular dexamethasone, were able to reduce
the inflammatory cascades in the subarachnoid space. The use of
corticosteroids as adjunctive therapy in adults with bacterial
meningitis was evaluated in eight studies, performed over 45 years.
Most studies on adjunctive dexamethasone therapy in adults with
bacterial meningitis suffered from methodological flaws. In 2002, a
trial with sufficient study-power to show significant differences was
published. This study showed that adjunctive dexamethasone therapy
reduced the rate of unfavorable outcomes from 25 to 15% in adults with
bacterial meningitis. In this study, adjunctive treatment with
dexamethasone was given before or with the first dose of antibiotics,
without serious adverse effects. A quantitative review showed a
consistent beneficial effect of dexamethasone on mortality and a
borderline statistical beneficial effect on neurologic sequels. On the
basis of available evidence, adjunctive dexamethasone therapy should be
initiated before or with the first dose of antibiotics and continued
for four days in all adults with suspected or proven community
bacterial meningitis in high-income countries, regardless of bacterial
etiology. Since prompt use of dexamethasone and appropriate antibiotics
improves the prognosis of adults with bacterial meningitis, hospitals
will need protocols to include dexamethasone with the initial
antibiotic therapy.
Corticothérapie chez l’enfant (indications, modalités d’administration)
E. Grimprel
- La dexaméthasone (DXM) en appoint de
l’antibiothérapie au cours des méningites bactériennes (MB) du
nourrisson et de l’enfant fait l’objet d’une controverse depuis plus de
20 ans. Malgré un rationnel physiopathologique solide, les études
cliniques prises individuellement et poolées en méta-analyses n’ont pas
permis d’aboutir à un consensus sur l’efficacité préventive de la DXM
sur les séquelles neurologiques au cours des méningites à germes autres
que Haemophilus influenzae b
du fait d’insuffisances en effectifs, de biais méthodologiques et de
l’émergence de la résistance du pneumocoque aux bêta-lactamines. Une
récente méta-analyse portant sur un effectif important (2750 patients
dont 2074 de moins de 15 ans) permettant des analyses en sous-groupes
suggère que dans les pays à haut niveau économique, l’efficacité de la
DXM s’appliquerait également aux méningites à pneumocoque de l’enfant.
Les données nationales de surveillance des MB (Observatoire national)
et de la résistance du pneumocoque (Centre national de référence des
pneumocoques) suggèrent que l’effet anti-inflammatoire de la DXM sur la
diffusion méningée des antibiotiques n’aurait pas d’impact sur la
rapidité de stérilisation du liquide céphalorachidien aux doses
actuellement recommandées (respectivement, 300 mg/kg par jour pour le
céfotaxime et 60 mg/kg par jour pour la vancomycine). Ainsi, pour
certains, la balance bénéfice–risque plaide pour la DXM au cours du
traitement initial des MB à pneumocoque du jeune nourrisson. En
revanche, la DXM ne devrait pas être recommandée au cours des MB à
méningocoque de l’enfant et du nourrisson du fait de l’absence de
démonstration d’efficacité préventive de la mortalité et des séquelles
neurologiques.
Traitements adjuvants autres que la corticothérapie et lieu de la prise en charge initiale
D. Floret, E. Javouhey
- Les méningites bactériennes restent des
maladies graves dont le pronostic n’a pas été sensiblement amélioré par
les progrès de l’antibiothérapie. Des traitements adjuvants et une
amélioration de la prise en charge devraient pouvoir améliorer le
pronostic. Aucune étude n’a comparé le devenir des méningites en
fonction du lieu de prise en charge. À côté des formes sévères qui
relèvent de la réanimation, il semble raisonnable de proposer une prise
en charge initiale dans une unité permettant une prise en charge de
niveau surveillance continue. Il semble actuellement admis, par la
plupart, que la restriction hydrique n’a pas d’utilité démontrée, voire
est susceptible d’être délétère, même si une inflation hydrique doit
être évitée. Le maintien de la perfusion cérébrale est un élément
essentiel et nécessite de contrôler à la fois, la pression artérielle
et la pression intracrânienne dont le monitorage est probablement utile
dans les formes sévères. Les traitements agressifs de l’œdème cérébral
n’ont pas été évalués mais semblent capables, dans des études limitées
de reverser des situations très compromises. L’intérêt de
l’administration systématique de glycérol demande confirmation. Les
convulsions doivent être traitées par les moyens habituels en évitant
ceux dotés d’effets hémodynamiques délétères. Il n’existe pas de
données suffisantes pour recommander un traitement prophylactique. La
fièvre doit certainement être traitée lorsqu’elle dépasse 39,5 °C/40 °C
et dans les formes graves. Aucune étude clinique ne s’est attachée à
confirmer les données expérimentales sur les effets de la fièvre sur la
croissance bactérienne ou l’inflammation.
Recherche et prise en charge de la porte d’entrée ORL des méningites aiguës bactériennes communautaires
J.-M. Klossek
- L’épidémiologie est très mal connue
(incidence, fréquence) en raison d’une littérature dominée par
l’analyse de séries rétrospectives ou de cas cliniques, elle est
estimée à environ 25 % pour l’adulte et l’enfant. La recherche d’un
foyer ORL doit être systématique lors d’une méningite. L’otite moyenne
aiguë et la mastoïdite aiguë sont les causes otologiques les plus
fréquentes. Les foyers chroniques (choléstétatome) sont plus rares.
Pour les foyers sinusiens, les infections aiguës frontales ou
ethmoïdales sont les localisations à rechercher préférentiellement
après l’examen des cavités nasales au mieux avec une tomodensitométrie.
Une rhinorrhée ou une otoliquirhée cérébrospinale traumatique plus
rarement spontanée sont également une cause ORL de méningite. Le
traitement de chaque pathologie conduit à discuter le drainage du foyer
purulent associé à l’antibiothérapie. La décision de drainage est prise
si l’identification du germe en cause est souhaitée ou si
l’antibiothérapie s’avère insuffisante. Pour l’écoulement de LCR, la
fermeture de la brèche est envisagée après une analyse de sa
localisation et de sa taille après une exploration radiologique
(scanner, IRM).
Méningites et malformations du système nerveux central
M. Di Maio
- L’hypothèse d’une anomalie cérébrale ou
spinale occulte doit être évoquée devant toute méningite à
caractère récidivant ou associée à des manifestations neurologiques
inhabituelles ainsi qu’à des signes cutanés. Le recours à l’imagerie
(IRM) doit rapidement être considéré. L’antibiothérapie doit couvrir le
spectre des entérobactéries, des germes anaérobies et Staphylococcus aureus (S. aureus). Le recours à la chirurgie est souvent nécessaire.
Recherche de facteurs favorisants la survenue de méningites bactériennes communautaires (nouveau-né exclu)
M. Revest, C. Michelet
- En dehors des brèches méningées, de
foyers infectieux primitifs, certains facteurs favorisent la survenue
d’une méningite bactérienne communautaire (MBC), le type de bactérie,
la gravité de l’infection et d’éventuelle récidive. L’infiltration
épidurale est rarement responsable de méningite et/ou d’épidurite à Staphylococcus aureus,
streptocoques oraux prévenues par une asepsie rigoureuse du geste. Les
implants cochléaires augmentent le risque de méningite à pneumocoque.
Chez l’enfant, une méningite puriforme aseptique, une méningite à S. aureus
ou à entérobactérie doit faire évoquer une malformation congénitale
rachidienne (sinus dermique, spina bifida) ou cérébrale et conduire à
l’IRM. En cas de rate non fonctionnelle ou splénectomie, le risque de
méningites à pneumocoques est majoré et doit être prévenu par
antibioprophylaxie et vaccination. L’âge supérieur à 60 ans, le
diabète, l’immunodépression, le cancer, l’alcoolisme sont des facteurs
prédisposants de MBC dans près d’un quart des grandes séries de la
littérature. Le pneumocoque reste prédominant devant les méningites à Listeria monocytogenes et à bacilles à Gram négatif (Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae). L. monocytogenes
est fréquente chez le patient transplanté, infecté par le VIH, ou sous
anti-TNF-alpha (surtout l’infliximab). Enfin, certains polymorphismes
génétiques exposent à un risque majoré de survenue de MBC, déficit en
certaines fractions du complément ou en properdine (méningocoque,
pneumocoque). Les polymorphismes du gène du mannose-binding lectin,
des Fcγ récepteurs, de l’interleukine-1 ou de son récepteur peuvent
également être impliqués. La recherche de ces anomalies génétiques se
discute dans certains cas dès le premier épisode de MBC, nécessaire en
cas de récidive.
Quel
suivi à long terme pour quels patients ? Séquelles des méningites
bactériennes chez l’enfant et chez l’adulte : incidence, types, modes
d’évaluation
V. des Portes
- Les méningites bactériennes restent une
cause importante de mortalité et de séquelles neurologiques et
sensorielles. Chez l’adulte, le taux de mortalité lors d’une méningite
à pneumocoque (germe le plus fréquent) varie de 16 à 37 % et les
séquelles neurologiques surviennent chez 30 à 52 % des survivants. Chez
l’enfant, le pronostic est globalement meilleur, avec une mortalité de
2 à 15 %, plus élevée pour le pneumocoque. Trois quarts des enfants
survivent sans séquelles, 15 % présentent une surdité (10–13 %, jusqu’à
30 % des pneumocoques), plus rarement (3–4 %) un retard mental, une
atteinte motrice, une épilepsie. Outre le type de germe – le risque de
séquelles est multiplié par six en cas de pneumocoque – plusieurs
facteurs de mauvais pronostic sont décrits dès l’admission : degré de
coma, déficit neurologique, atteinte des nerfs crâniens, protéinorachie
élevée, taux élevé d’érythrocytes et faible réaction cellulaire dans le
LCR (inférieur à 600 ou 1000 leucocytes par microlitre selon les
études). Enfin, toutes les complications neurologiques (épilepsie, AVC,
œdème cérébral, hydrocéphalie) ou systémiques sont corrélées à une
évolution défavorable. Un test auditif est à réaliser dans les
15 jours, suivi en cas d’hypoacousie d’une consultation audiologique
avec IRM labyrinthique pour détecter une ossification cochléaire
précoce. Un an après la méningite, le comportement et les compétences
cognitives doivent être évalués : intelligence, mémoire, attention et
fonctions exécutives, vitesse de réaction, facultés adaptatives, pour
mettre en place une rééducation et un soutien scolaire individualisés.
Apport
des examens biologiques dans le diagnostic positif, la détermination de
l’étiologie et le suivi d’une méningite suspectée bactérienne
E. Carbonnelle
- Malgré les progrès réalisés dans le
diagnostic et le traitement des infections, les méningites restent une
cause importante de mortalité et de morbidité. Un diagnostic rapide et
précis de l’agent étiologique est capital pour la prise en charge et
l’évolution des méningites bactériennes. L’examen essentiel est
l’analyse du liquide céphalorachidien (LCR). La coloration de Gram met
en évidence des bactéries dans 50 à 80 % des cas et la culture est
positive dans au mieux 80 % des LCR. Cependant, en cas de traitement
précoce, la sensibilité de ces deux tests est inférieure à 50 %.
L’analyse biochimique et cytologique du LCR manque aussi de spécificité
et de sensibilité. Afin d’augmenter les preuves diagnostiques, d’autres
tests biologiques sont disponibles. L’agglutination des particules de
latex est adaptée à la détection des antigènes bactériens présents dans
le LCR de patients suspects de méningites d’origine bactérienne. Ces
tests permettent de détecter la plupart des germes responsables
d’infection du système nerveux central mais ils manquent de
sensibilité. De plus, dans les stades précoces des méningites aiguës,
les signes cliniques et les perturbations du LCR sont très souvent non
spécifiques ne permettant pas le diagnostic différentiel entre
méningites bactériennes et méningites virales. Certains marqueurs comme
la CRP, la procalcitonine (PCT) ou encore sTREM-1 peuvent être très
utiles non seulement pour le diagnostic mais aussi pour différencier
entre méningite bactérienne et méningite virale. Plus que jamais, le
diagnostic des méningites bactériennes et leur prise en charge
nécessitent différents tests biologiques ainsi qu’une approche
multidisciplinaire.
Stratégie
de prise en charge (diagnostic, surveillance, suivi) d’une méningite
aiguë communautaire présumée bactérienne de l’adulte
E. Forestier
- Le diagnostic de méningite bactérienne
doit être suspecté dès l’examen clinique initial en présence de fièvre,
signe le plus fréquent, associée à d’autres signes d’atteinte
neuroméningée plus inconstants (troubles de conscience, céphalées,
raideur de nuque, déficit neurologique focal, crise convulsive). La
présence d’un rash cutané oriente vers une origine méningococcique,
alors qu’une paralysie des nerfs crâniens est plus fréquente en cas de
méningite tuberculeuse ou listérienne. Un foyer infectieux ORL ou
pulmonaire et la notion d’un traumatisme crânien récent évoquent
l’implication d’un pneumocoque. Enfin, l’installation de la
symptomatologie sur plusieurs jours, surtout si des signes généraux y
sont associés, est très en faveur d’une méningite tuberculeuse. Les
principaux facteurs de mauvais pronostic à rechercher dès l’admission
sont la présence de troubles de la conscience, d’une instabilité
hémodynamique, de troubles neurologiques et un âge avancé. Enfin, la
morbidité et la létalité des méningites à pneumocoque sont supérieures
à celles des méningites à méningocoque. Le scanner cérébral apporte un
complément d’informations sur les possibles complications
intracrâniennes. Certaines circonstances, telles que des signes de
focalisation neurologique et des signes d’hypertension intracrânienne,
l’imposent avant la ponction lombaire. Les facteurs de risque de
méningite doivent être dépistés et traités en fonction du germe
impliqué. Le suivi des patients dépend de leur évolution après
traitement. La présence de séquelles neurologiques impose un suivi
spécialisé en externe. Des séquelles neuropsychologiques
(ralentissement cognitif, troubles de la mémoire) peuvent persister
plusieurs années même en l’absence de troubles neurologiques associés.
Stratégie de prise en charge (diagnostic, surveillance, suivi) d’une méningite présumée bactérienne de l’enfant
F. Dubos
- La généralisation de la vaccination Haemophilus influenzae b
et la diffusion du vaccin pneumococcique conjugué ont été à l’origine
d’une évolution de l’épidémiologie, de l’incidence et de la prise en
charge des méningites bactériennes communautaires. Cette revue
systématique de la littérature avait pour objet l’analyse des données
du diagnostic, de la surveillance et du suivi des méningites présumées
bactériennes de l’enfant. Une recherche était effectuée sur les bases
de données PubMed et Cochrane des articles publiés ces 12 dernières
années avec les mots clés adaptés. Parmi les 1606 références retrouvées
sur la base PubMed et les 50 références retrouvées sur la base de
données Cochrane, 61 étaient retenus. Trente-cinq articles
supplémentaires étaient identifiés dans les références des articles
sélectionnés. La définition de la méningite présumée bactérienne, les
critères diagnostiques cliniques et biologiques et la place de
l’imagerie dans le diagnostic étaient revus. Les différentes règles de
décision cliniques proposées depuis la généralisation de la vaccination
Haemophilus influenzae et leur
niveau de preuve étaient analysés. Les données de la surveillance
initiale, et les facteurs de risque de séquelles ou de décès étaient
revus par rapport aux nouvelles données épidémiologiques. L’évolution à
moyen et long terme de ces patients était analysée pour identifier le
suivi à proposer et pour quels enfants.
Antibiothérapie d’une méningite présumée bactérienne adulte (rationnel, modalités, durée, suivi)
S. Ansart
- L’incidence annuelle des méningites
bactériennes est estimée entre 0,6 et quatre pour 100 000 adultes dans
les pays industrialisés. Les bactéries les plus fréquemment en cause
sont Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis, Listeria monocytogenes.
L’évolution des résistances bactériennes et notamment celles du
pneumocoque expliquent les échecs cliniques rapportés dans la
littérature. Les propositions thérapeutiques actuelles relèvent
davantage de concepts et d’extrapolations de modèles expérimentaux que
d’essais cliniques comparatifs pertinents.
Antibiothérapie d’une méningite présumée bactérienne de l’enfant (rationnel, modalités, durée, suivi)
Hervé Haas
- L’épidémiologie des méningites
bactériennes aiguës communautaires de l’enfant dans les pays
industrialisés a été modifiée en grande partie en raison de la
vaccination contre Haemophilus influenzae b, de Streptococcus pneumoniae (SP) et dans certains pays contre le Neisseria meningitidis
(Nm) groupe C. Cependant, les bactéries les plus fréquemment
responsables restent SP et Nm notamment du groupe B, ce qui justifie
l’utilisation en première intention de cefotaxime ou ceftriaxone
associée ou non à de la vancomycine en fonction de la probabilité de
résistance du pneumocoque.
Critères d’urgence de l’antibiothérapie : autres mesures associées
B. Mourvillier
Article EM-consulte - article Science Direct
- La prise en charge de la méningite
bactérienne repose sur l’association de plusieurs composantes.
L’objectif de cette revue est de faire un état des lieux de la
littérature concernant tant les arguments pour une antibiothérapie
urgente que les traitements associés avec une attention particulière
sur la place de la corticothérapie. Parmi les autres traitements
associés, le glycérol semble le mieux évalué mais les mesures
symptomatiques, ne pouvant faire l’objet d’étude randomisée, ne doivent
pas être négligées. De nombreuses études animales explorent d’autres
options thérapeutiques mais aucune ne peut être traduite en pratique
clinique. L’imagerie a fait l’objet de peu d’évaluation récente malgré
les progrès techniques mais reste incontournable dans le suivi des
patients dont l’évolution est jugée défavorable.